« Accueillir un enfant »

Un petit enfant est en train de faire un bon dessin. Son institutrice s’approche de lui, et demande : Que dessines-tu ? Et l’enfant lui répond : Je suis en train de dessiner Dieu ! L’institutrice est un peu étonné et lui dit : Mais personne ne sait à quoi ressemble Dieu ? Mais l’enfant poursuit : Je le sais, et quand j’aurais fini mon dessin, tout le monde le sera ! Ce petit récit permet de bien rentrer dans l’intelligence de notre page d’évangile, notamment cette phrase qui conclut le texte : Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. Si nous voulons savoir à quoi ressemble Dieu ; si nous voulons mettre un visage sur Dieu, il suffit de regarder un enfant (en particulier un petit bébé), et alors nous pourrons mieux saisir qui est Dieu ; quel est son visage. 

Accueillir un enfant, c’est lui accorder toute la place, toute l’attention et l’aide necessaire. Accueillir un enfant, cela veut dire certainement aussi, accueillir celui que nous avons été autrefois ; c’est retrouver cet enfant que nous avons été, et que peut-être que nous avons perdu de vue. Car, lorsqu’on grandit, malheureusement, on se prend parfois trop au sérieux. Pablo Picasso faisait cette remarque : Il m’a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant. Picasso a dû faire l’effort pour apprendre à dire des choses très importantes avec un minimum de moyens. Accueillir un enfant, c’est savoir aussi se situer correctement par rapport à Dieu ; apprendre à nous tourner vers Lui ; à tout recevoir de Lui, et non pas à vouloir tout contrôler !

P. Ovidiu ROBU

NOUVELLE ANNÉE !

Nouvelle année, nouvelle promotion de séminaristes ! En cette rentrée 2021, la maison Saint-Louis fait peau neuve et pas seulement en ce qui concerne les infrastructures, remises complètement à neuf durant l’été. Si l’on retrouve quelques anciens de l’année dernière, quatre nouveaux séminaristes de première année ont rejoint la paroisse dès le 8 septembre : il s’agit de Charles (21 ans) venu du lointain XVIè arrondissement, de Paul (30 ans) qui nous arrive du nord de Paris et de Vincent (24 ans), voisin de la rive gauche. Ils ont tous trois choisi de suivre leur formation pour notre diocèse. S’ajoute également un nouveau Joseph (27 ans) qui nous arrivera prochainement d’encore plus loin puisqu’il arrive du Vietnam — diocèse de Thanh Hóa. Nous savons que vous leur ferez un excellent accueil !

Parmi les anciens, nous retrouvons un autre Joseph (31 ans) venu lui aussi du Vietnam — diocèse de Vinh — mais acclimaté à notre belle île depuis deux ans, ainsi que César (30 ans) et Antoine (28 ans) tous deux du diocèse de Paris. S’ajoutent enfin nos deux frères de l’est de la France, Guillaume (24 ans), qui nous vient du diocèse de Reims et plus particulièrement des Ardennes, et Jean (24 ans) du diocèse de Chalons en Champagne.

Très heureux de commencer cette nouvelle année au sein de la paroisse Saint-Louis-en-l’Ile, nous vous assurons par avance de notre prière — n’hésitez d’ailleurs pas à nous rejoindre pour les laudes ou les vêpres — et nous réjouissons de (re)faire votre connaissance.

Les séminaristes de la Maison Saint-Louis

Effata !

A l’heure où nous reprenons pour beaucoup nos activités, paroissiales, scolaires, professionnelles, amicales, ce petit mot Effata est prononcé par Jésus en araméen et rapporté par l’évangéliste saint Marc dans la langue originale pour en souligner l’importance et la puissance. Cette parole nous l’avons reçue comme un don et comme une mission sur nos oreilles et sur nos lèvres le jour de notre baptême : « Effata, c’est-à-dire ‘ouvre-toi’. Que le Seigneur te donne d’écouter sa parole et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père ». Au début de cette année le Seigneur vivant nous guérit de tout ce qui nous empêche d’écouter sa parole et de la transmettre. Il nous confirme dans notre vocation baptismale de disciples missionnaires.

Oui, à Saint-Louis en l’Ile, comme dans chacune de nos existences, nous voulons que l’Evangile devienne notre langue maternelle. Pour cela nous prenons le temps de l’accueillir, non seulement avec notre intelligence mais aussi avec notre cœur et notre corps, afin d’être créés à nouveau par la salive et le souffle de Jésus, en étant touchés par la présence réelle de son corps, dans l’Eucharistie, dans l’Eglise, dans nos frères et sœurs, tout spécialement les plus vulnérables, isolés, oubliés. La prière personnelle ou en famille, la plus humble et balbutiante, en lisant l’Evangile du dimanche suivant à la maison, ou en explorant à la paroisse l’Evangile selon saint Luc le mardi soir avec Dei Verbum, sont autant de lieux privilégiés pour vivre cette rencontre personnelle, à l’écart, dans le secret, et pour nous laisser imprégner de cette parole qui devient la nôtre, qui fait de nous des paroles vivantes pour le monde.

En nous laissant ainsi former par la parole agissante de Jésus nous recevons aussi cette mission d’annoncer cette bonne nouvelle du pardon et de la paix. Nous recevons pour nous cette consigne du prophète Isaïe alors que tout semble s’effondrer : « Dites aux gens qui s’affolent : ‘Soyez forts ne craignez pas’ ». Par notre baptême nous sommes des consolateurs. Et nous entrons dans le regard même de Dieu, qui n’a « aucune partialité envers les personnes » dit saint Jacques. La parole de Dieu nous rend attentifs les uns aux autres. Nous sommes choisis pour être les témoins de cette joie de croire non pas à cause de nos mérites mais parce que nous sommes pauvres et petits. Notre gratitude envers Dieu pour ce choix convertit notre regard pour nous ajuster au sien et veiller de manière préférentielle sur ceux qui sont pauvres, fragiles, malades, désespérés. De tout cœur ou en tremblant nous pouvons chanter ou murmurer le refrain du psaume de ce dimanche : « Je veux louer le Seigneur tant que je vis ». Bonne rentrée !

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

« Venez à l’écart et reposez-vous un peu »

« Venez à l’écart et reposez-vous un peu » (Marc 6, 31). Au cœur de l’été nous recevons ces paroles de Jésus à ses Apôtres réjouis et épuisés par leur mission. Nous les entendons peut-être alors que nous avons la chance d’être partis pour un temps de vacances, de découvertes et de tourisme, en ville ou à la campagne, dans les montagnes ou au bord de la mer. Le Seigneur nous attend là-bas et il nous accompagne toujours, que nous soyons seuls ou en familles, pour quelques jours ou plus longtemps. Il nous offre de faire mémoire de la bonté de la création et de la liberté qu’il nous donne pour servir nos frères et sœurs, pour ralentir un peu, reprendre souffle et forces et poursuivre notre route. Le Christ, pain de vie, guérit et nourrit, les cœurs et les corps fatigués et affamés. Il nous associe à sa mission et il prend soin de nous.

« Venez à l’écart et reposez-vous un peu ». Nous recevons aussi cet appel de Jésus alors que nous sommes entrés dans l’église Saint-Louis, au cœur de l’Ile qui porte son nom, en plein centre de Paris. Que ce soit par hasard ou par habitude, au détour d’une promenade, d’une course, cherchant un peu de fraîcheur et de paix, venus pour écouter enfin un concert, prier ou participer à un office, vous êtes attendus, vous êtes chez vous. Ces murs sont habités par la prière et la foi de ceux qui y viennent, seuls ou ensemble, pour rendre grâce à Dieu et le supplier. Ces voûtes sont remplies par l’engagement de tous ceux qui prennent soin les uns des autres et en particulier des plus vulnérables. Cette maison est la demeure de Dieu et de vous tous ! Chacun peut y trouver sa place, sa joie, son espérance, conduit par saint Louis, sainte Geneviève et la Vierge Marie que nous fêterons au cœur du mois d’août. Habitants, passants, commerçants, nouveaux venus dans le quartier ou familiers depuis longtemps, soyez les bienvenus !

«La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme » (Actes des Apôtres 4, 32). Que nous soyons dispersés ou réunis au cours de cet été, nous restons en communion. Nous voulons même que nos liens grandissent dans le Seigneur, et que ce repos qu’il nous offre nous fasse du bien. Avant d’avoir la joie de nous retrouver pour reprendre ensemble le chemin de la prière, de la fraternité, de la formation, du service et de l’évangélisation : « assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes des Apôtres 2, 42). Notez déjà la date de notre rentrée paroissiale : les samedi 2 et dimanche 3 octobre ! Le samedi 2 octobre, pèlerinage en bateau sur la Seine et la Marne puis à Vincennes à l’école de saint Louis, et le soir : accueil, musique et évangélisation lors de la nuit blanche. Et le dimanche 3 octobre, messe de rentrée, apéritif et déjeuner paroissial, bénédiction et accueil des nouveaux paroissiens. Beaucoup d’autres propositions vous sont déjà faites dans cette feuille de l’été, n’hésitez pas à venir, à vous manifester, à veiller les uns sur les autres, spécialement les personnes les plus seules et fragiles cet été. « Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge ! » (Psaume 33, 9).

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

Dimanche 27 juin 2021

Dans l’Évangile de ce jour, nous voyons que la foi est une rencontre en paroles et en actes avec le Christ. Et c’est cette foi comme véritable rencontre, qui nous sauve. Le récit central de l’Évangile où une femme semble guérie à l’insu du Seigneur, nous le montre bien : remplie de foi, mais ne voulant sans doute pas se faire remarquer au cœur de cette foule pressante, elle touche simplement la frange du manteau du Christ et s’en ressens instantanément guérie. Mais il fallait, pour une transformation intérieure bien plus que simplement physique, qu’elle se laisse regardée par le Christ, et en reçoive la parole de guérison : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Un miracle n’est en rien magique. C’est une rencontre personnelle avec le Christ. Et c’est pour cela qu’il s’est retourné vers elle. 

 La mort et le mal ne viennent pas de Dieu nous rappelle le livre de la Sagesse. « C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde. » Et par cette jalousie, le démon vient se placer entre le Christ et nous, pour briser ce contact salutaire. Voilà pourquoi tout miracle, véritable expulsion du mal, ne peut se jouer que par le rétablissement de ce lien, tout à la fois par un regard, par un contact, par une parole. Demander à Dieu un miracle, c’est en fin de compte implorer une rencontre personnelle avec Lui. L’éloignement du mal n’en est qu’une conséquence, puisqu’il ne tient plus dans ce lien resserré avec notre Seigneur.  

Père François BOUCHARD

Passons sur l’autre rive…

« Passons sur l’autre rive » : cette parole de Jésus peut nous sembler un peu sinistre, tant elle évoque souvent la mort, l’autre rive sur laquelle nous sommes attendus par Dieu. Quel contraste apparent avec la joie de la mission et l’action de grâce de cette fin d’année paroissiale ! Cependant, aujourd’hui, le père Joseph, ainsi qu’Antoine, Thomas et Foucauld qui vont quitter notre paroisse, sont appelés par le Christ à passer sur l’autre rive. Au sens propre de la traversée de la Seine, comme au sens figuré de leurs nouvelles missions et étapes de leur formation. Quitter l’Ile Saint-Louis et notre chère paroisse c’est bien une petite mort ! Notre vie consiste ainsi à en être dépossédés, à mourir à nous-mêmes, à nos projets, à notre volonté propre, et aussi à notre égoïsme et à nos péchés, afin d’entrer dans une vie de ressuscités, une vie plus forte que la mort, une vie plus belle et plus dense. 

« Passons sur l’autre rive » : cette invitation du Christ est aussi un appel pressant à la mission, sur l’autre rive du lac de Tibériade, dans la Décapole des païens, au-delà des mers et sur des rivages inconnus, dans les périphéries de l’existence, auprès de ceux qui ne connaissent pas Dieu. Jésus lui-même nous entraîne, nous pousse et nous conduit à témoigner très simplement de notre joie d’être chrétien. Nous nous y exerçons ce week-end en invitant au spectacle « Je danserai pour toi » vendredi soir, au « grand jeu » des enfants et des familles samedi matin, en participant à l’après-midi « église ouverte » samedi, en proposant de venir à la soirée « Dieu peut-il me consoler ? » samedi soir, en conviant nos amis au pic nic et au café sportif au square Barye dimanche après la messe.

« Passons sur l’autre rive » : les autres rives de la Méditerranée nous attendent sur les pas de saint Louis à Carthage et Tunis du 10 au 14 novembre, et à la suite du Christ, des patriarches, des prophètes et des apôtres en Terre sainte du 26 avril au 4 mai 2022 ! Ces pèlerinages physiques et intérieurs, comme le grand pèlerinage de l’existence, nous font traverser bien des tempêtes, dans notre vie, dans l’Eglise et dans le monde. Face à tant de violence, de maladies, de solitude, d’angoisse, le Christ nous semble parfois endormi. Il est parfois caché, souvent discret, mais toujours présent, plein d’amour et de tendresse pour chacun. A moins que ce ne soit nous qui soyons endormis.

« N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le Seigneur nous réveille. Il nous rejoint et nous parle au cœur dans la tempête, comme déjà avec Job. Fais grandir en nous la foi Seigneur ! Donne-nous d’être saisis par ton amour. Donne-nous d’être témoins de ton amour. « Qui est-il celui-là ? » : qui es-tu Jésus ? Donne-nous de nous poser toujours cette question et de la susciter autour de nous. Nous voulons te connaître et t’aimer davantage, te faire connaître et te faire aimer toujours plus. Nous voulons chanter avec le psalmiste en ce jour : « Qu’ils rendent grâce au Seigneur de ses merveilles ! ».

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

Quelle semence Jésus a-t-il jetée en moi ?

Comme l’évangile de Saint Marc l’affirme, Jésus est le semeur, il jette en terre la semence qui est sa parole. Avons-nous ouvert nos oreilles pour l’entendre ? Certaines paroles nous interrogent plus que d’autres ? Les avons-nous laissées grandir en nous, orienter nos vies ? Où en sommes-nous ?

Un effort de discernement nous est demandé, profitons du message de la parabole du semeur entendue ce dimanche pour travailler les paroles de Jésus qui structurent, guident et conduisent nos vies. 

Nous pourrions alors clarifier et renouveler notre engagement vis-à-vis du Seigneur et le mettre en pratique.

Soyons rassurés par saint Paul qui écrit : « gardons toujours confiance … cheminons dans la foi.  »

Robert Mc Keon, diacre

Solennité du Saint Sacrement

Nous fêtons ce dimanche le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ et nous faisons mémoire  de l’Institution du Sacrement de l’Eucharistie où Jésus s’offre lui-même en nourriture en disant : Ceci est mon corps livré pour vous ; ceci est mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle.

Toutes nos messes reprennent les paroles et les gestes de Jésus au moment du repas de la dernière Cène. Dans cette solennité c’est l’occasion d’approfondir le sens de l’Eucharistie et sa place dans nos vies. Dans les paroisses se célèbrent les premières communions des enfants du catéchisme, et a lieu en principe la procession du Saint Sacrement dans la rue. C’est ce que nous allons faire aussi dans notre paroisse : porter Jésus Eucharistie dans notre quartier. 

Dans l’Eucharistie Jésus renouvelle pour nous le don de sa propre vie sur la croix, et nous contemplons cet acte d’offrande. Nous sommes rendus ainsi contemporains du sacrifice de la croix. Par là, nous sommes, nous aussi, invités à nous offrir nous même avec Lui. En effet, l’Eucharistie est le sacrifice de Jésus, mais c’est aussi, le sacrifice de l’Eglise. Avec l’Eucharistie nous entrons de plein pied dans une relation que Jésus entretien avec son Père ; nous sommes entrainés dans son élan vital, dans son dynamisme, dans son zèle. Jésus nous oriente ainsi vers le Père car Jésus est tout entier tourné vers Dieu, comme l’écrit saint Jean au début de son évangile : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (1,1). Et nous allons donc dans son sillage. Avec toute l’Eglise nous pouvons dire : Il est grand, le mystère de la foi !

                                                                                      P. Ovidiu ROBU

Entrer dans la communion d’amour trinitaire

Nous célébrons ce dimanche la solennité de la Sainte Trinité. C’est Jésus qui nous a révélé ce profond mystère d’un Dieu dans l’unité d’amour de trois Personnes distinctes, égales et invisibles, le Père, le Fils et l’Esprit. La Trinité n’est pas seulement une histoire qui se passe dans le Ciel, sans que nous y soyons intéressés. Elle s’inscrit en effet dans notre existence humaine et la transforme. Participant de la vie trinitaire par le baptême, nous devenons à notre tour des êtres de relation, des êtres qui ne peuvent pas atteindre la plénitude de leurs possibilités s’ils n’entrent pas en communion d’amour avec le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, et si cette communion d’amour ne se concrétise pas dans notre manière d’être avec nos frères et sœurs.

L’Évangile de ce jour nous rapporte le dernier rendez-vous des disciples avec le Christ ressuscité. C’est l’envoi en mission avec une recommandation d’aller faire des disciples en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Par-là, le Christ les invite à un nouveau dynamisme, c’est-à-dire à entrer dans la communion d’amour trinitaire à laquelle ils peuvent puiser la force, le courage et l’audace pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous les peuples. Et ceux qui reçoivent le baptême et croient à l’Évangile, reçoivent aussi cet océan d’amour divin. C’est pourquoi le Dieu auquel nous croyons n’est pas n’importe quel Dieu. C’est le Dieu d’amour qui se révèle et se manifeste dans sa relation entre le Père et le Fils, relation tellement intense qu’elle constitue elle-même une Personne. C’est à cette communion trinitaire que nous sommes associés par le baptême, quand l’Esprit-Saint fait de nous des enfants de Dieu.

Telle est notre joie. La joie de tout chrétien a pour Père le Dieu d’amour. Cette joie est présente tout particulièrement dans le cœur des pèlerins de notre Paroisse vers Notre Dame de Liesse, où l’amour de Dieu se révèle en la personne de la Vierge Marie cause de notre joie. 

Père Joseph Van Nam NGUYEN

Le bruit d’un silence tenu

Dimanche nous célébrons la Pentecôte, l’effusion du Saint Esprit dans l’Église. Le Saint Esprit est toujours à l’œuvre et agit comme le vent. « Le vent souffle où il veut, et sa voix tu l’entends, mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. » dit Jésus à Nicodème. (Jean, 3. 8) L’homme ne saisit pas le Saint Esprit, il ne peut que l’entendre, s’il est à l’écoute. 

Les Saintes Écritures fournissent des clefs pour comprendre comment Dieu se manifeste et se laisse connaître. La rencontre de Dieu par Élie sur le Mont Horeb nous l’enseigne très bien : Élie fuyait la reine Jézabel après avoir vaincu les prêtres de Baal et, invité par Dieu pour le rencontrer, il continuait son chemin vers le Mont Horeb. Arrivé là, la rencontre ne se passe pas dans des manifestations puissantes de la nature. Élie sort à la rencontre du Seigneur en se couvrant le visage et reçoit la présence de Dieu comme « Le bruit d’un silence tenu. » (1 Rois 19, 12-14) En se couvrant le visage Élie, d’une façon métaphorique, soustrait toute activité de l’esprit pour pouvoir rencontrer et entendre Le Seigneur qui ne se donne que par une présence silencieuse. 

Une telle expérience n’est pas un sentiment, un élan enthousiaste, une émotion, elle est insaisissable. C’est vrai qu’elle peut être accompagnée par des émotions mais les émotions sont trop éphémères pour donner une assise solide à l’expérience de Dieu. Quand le Saint Esprit parle, il parle dans le son du silence comme il l’a fait avec Élie et avec une douceur à peine perceptible. Il cherche une écoute sans l’interférence de ses idées et de ses sentiments. Il est simplement là.

En racontant son expérience de Dieu à Ostie, Saint Augustin parle d’une rencontre saisissante. Le Saint était là, sans bruits ni extérieurs ni intérieurs et pourtant Dieu se faisait entendre. (Confessions, IX, 25) La seule façon de parler d’une telle expérience est d’affirmer tout simplement que «c’est comme ça. »

Pour rencontrer Dieu, le jésuite Français Jean Pierre Caussade du 18e siècle dans son ouvrage Le traité sur l’oraison du cœur (ch 6), conseille de tendre l’oreille en pratiquant « des pauses attentives.» Nous le faisons instinctivement lorsque nous tendons l’oreille au moment où un chef d’orchestre lève son bâton.        

Laissons-nous inspirer par Élie, Saint Augustin et Caussade. 

Robert Mc Keon, diacre