Restez éveillés pour la venue du Seigneur (Luc 21, 36)

Saint Paul nous dit comment vivre pour accueillir le Seigneur quand il vient nous prendre : « Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant ». (1 Th 3, 12)

Le Pape François dans Fratelli tutti (§222) nous indique un chemin ouvert et accessible à tous dans la vie quotidienne lorsqu’il nous demande de retrouver la bienveillance. Il écrit: « Saint Paul désignait un fruit de l’Esprit Saint par le terme grec chréstotés (Ga 5, 22) exprimant un état d’âme qui n’est pas âpre, rude, dur, mais bienveillant, suave, qui soutient et réconforte. La personne dotée de cette qualité aide les autres pour que leurs vies soient plus supportables surtout quand elles ploient sous le poids des problèmes, des urgences et des angoisses. C’est une manière de traiter les autres qui se manifeste sous diverses formes telles que : la bienveillance dans le comportement, l’attention à ne pas blesser par des paroles ou des gestes, dans l’effort d’alléger le poids des autres. Cela implique qu’on dise « des mots d’encouragement qui réconfortent, qui fortifient, qui consolent qui stimulent », au lieu de « paroles qui humilient, qui attristent, qui irritent, qui dénigrent ». Soyons des bienveillants au service du Christ. 

Reconnaissons que ce n’est pas toujours facile. Pour m’aider à revenir à la bienveillance devant les frottements de ma vie quotidienne je garde en mon cœur les paroles suivantes de Jésus : « Qui vous accueille m’accueille.» (Mt 10,40)

Robert Mc Keon, diacre

Alors, tu es roi ?

            « Alors, tu es roi ? ». Cette question posée par Pilate à Jésus peut nous sembler cruelle, un peu désabusée. Elle traduit aussi la quête de la conscience du roi humain qui cherche la vérité mais se tient encore à distance ou se sent menacé comme déjà Hérode lors de la naissance du roi des Juifs. Où chercher Dieu, où cherche le roi des Juifs tels les mages qui arrivent à Jérusalem ? « Ma royauté n’est pas de ce monde ». La lecture de la Passion en cette fête du Christ Roi purifie notre conception royale comme déjà le peuple d’Israël qui insiste pour demander un roi, à la manière des hommes, alors que le seul roi, c’est Dieu. Le Christ est un roi crucifié, humilié, déchu, qui porte les souffrances et les péchés du monde, les nôtres, par amour, sur son trône de gloire qu’est sa croix. La royauté du Christ consiste à rendre témoignage à la vérité, vérité de Dieu, vérité de l’homme, vérité du monde. Sa croix dévoile les secrets des cœurs, les blessures de l’âme et du corps. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères c’est à moi que vous l’avez fait ».

            « Alors tu es roi ? ». Nous interrogeons le Christ crucifié, comme le feront peut-être les personnes que nous pensons inviter pour la messe des curieux. Dieu peut-il souffrir ainsi et mourir ? Le Christ a-t-il échoué ? En quoi sa royauté est-elle le signe de son amour pour chacun de nous ? Il nous renvoie la question « Dis-tu cela de toi-même ? » afin que nous nous engagions personnellement dans la réponse, que nous rendions témoignage à la vérité, en écoutant sa voix et en devenant ses porte-voix. Les enfants et les adultes qui se préparent au baptême, à la première communion et à la confirmation et qui vivent ce dimanche une étape sur ce chemin nous stimulent et nous réveillent pour que nous ne renoncions jamais à notre vocation de témoins.

            « Alors, tu es roi ? ». Cette question peut aussi nous être adressée. Par le baptême nous sommes prêtres, prophètes et rois, qu’est-ce que cela signifie concrètement pour nous ? Comment allons-nous en rendre compte ? Qui est ce roi qui, au lieu d’avoir des sujets, se constitue un peuple de rois ? Ce roi qui enfante des rois appelle non seulement des croyants qui cherchent Dieu, comme ceux que nous inviteront pour le dimanche des curieux. Il appelle aussi des disciples, qui veulent marcher à sa suite, le connaître, l’aimer, se former, pour en faire des missionnaires, qui s’engagent, témoignent, prêts à donner leur temps, leur vie, eux-mêmes pour que d’autres deviennent croyants, et plus encore disciples-missionnaires. Belle fête du Christ-Roi !                                              

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

« Que ton Règne vienne… »

Nous rentrons aujourd’hui dans le bouillonnement eschatologique de la fin des temps, à une semaine de la clôture de l’année (liturgique !). Dimanche prochain, nous fêterons en effet le Christ, Roi de l’univers, qui ouvrira la dernière semaine du temps ordinaire précédant l’entrée en Avent. Et dès à présent, les lectures que nous entendons au cours de la messe prennent une tournure étonnante, peut-être même inquiétante. Mais loin de nous faire peur, le Seigneur n’en souhaite pas moins nous faire réagir. Nous réveiller, tant qu’il est encore temps, de nos torpeurs, de tout ce qui, dans notre quotidien, commence un peu à rouiller, à manquer de perspective, d’un Souffle nouveau… Dieu nous propose de vivre presque sensiblement ce que nous lui demandons cependant chaque jour, mais de façon si habituelle que nous en perdons la teneur : « … que ton Règne vienne ! » Il nous reste donc, chers amis, tout juste une semaine pour préparer nos cœurs à reconnaitre le Christ comme Roi de l’univers, lui que nous connaissons mieux comme notre frère, notre ami. Mais justement ne l’oublions pas : ce frère, cet ami, par son identité divine, est à l’œuvre dès avant la fondation de ce monde, pour nous guider vers son Règne. Aussi cette semaine qui commence va nous aider à peu à peu le reconnaitre comme tel. Venons-donc à la messe pour cela, ou si ce n’est pas possible, ayons à cœur de lire régulièrement les textes de chaque jour. Ainsi nous ne raterons pas la rencontre de dimanche prochain !                                                                                       

Père François BOUCHARD

L’offrande de la pauvre veuve

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. A l’époque, au temple de Jérusalem, les pèlerins donnaient ce qu’ils voulaient au trésor du temple. C’était une offrande tout à fait libre. Les riches donnaient souvent beaucoup, et les pauvres donnaient quelques petites pièces en cuivre que l’on appelle des leptas (en grec). Le lepton c’est le centime de la monnaie grecque au temps de Jésus. Un denier correspondait à une journée de travail, et il faisait 64 leptas. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. La remarque de Jésus est déroutante : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Pourquoi cela ? Car, concrètement, cette veuve a fait une petite offrande. Mais cela lui a coûté énormément, car c’était ses dernières économies. Elle a tout donné ! C’est le pape François qui disait dans une de ses homélies : Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien, et qui ne fait pas mal. 

Jésus n’a pas cherché à arrêter cette femme dans son élan de générosité. Il a laissé faire. Il a vu l’offrande du point de vue de sa foi. Elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. Mot-à-mot, on devrait traduire : elle a donné sa vie. Ce passage est une anticipation de la Passion : cette femme s’est défaite librement de ses dernières richesses, comme Jésus sur la croix va se défaire de sa propre vie. Et nous, qu’est-ce que nous donnons ? Est-ce que nos offrandes nous coûtent ? Est-ce que nous sommes capables de sortir de notre zone de confort pour aller au-delà de la simple mesure, de ce qui nous parait juste ? Est-ce que nous sommes capables de donner jusqu’à ce que ça nous fasse un petit mal quand même ? Le geste de la pauvre veuve est riche d’enseignements. Il faut sortir du donnant-donnant pour entrer dans cette logique de l’évangile.

Père Ovidiu ROBU

Aimer Dieu et aimer son prochain

Aimer Dieu et aimer son prochain, indissociablement, d’un même mouvement : voilà pour Jésus le plus grand des commandements, celui dont il dira qu’il résume la Loi et les Prophètes. Il faut prendre au sérieux ce qui n’est pas un double commandement mais les deux faces, indissociables, d’un diptyque, que Jésus d’ailleurs réunit à partir de « lieux » scripturaires différents : Le Décalogue et le Lévitique. Aimer Dieu sans aimer son prochain est un mensonge, rien de moins. Réciproquement, aimer son prochain sans aimer Dieu relève dans la logique biblique d’une impossibilité. Il nous faut tenir les deux dimensions, la verticale et l’horizontale, définitivement reliées depuis que Jésus a étendu, par amour, les bras sur la Croix. En saint Jean Jésus ramène ces deux dimensions du Grand commandement de l’amour à une seule dans une formule encore plus ramassée : Aimez-vous les uns les autres comme moi, je vous ai aimé. Aimer son prochain comme Lui Jésus nous a aimé. Qu’on ne s’y trompe pas dans cette formule johannique, la dimension verticale, celle de l’amour de Dieu, n’est pas absorbée par la dimension horizontale, comme le ferait un humanisme sans référence à toute transcendance explicite car en Jésus, vrai Dieu et vrai homme, l’amour de Dieu et l’amour des hommes se rejoignent, définitivement. On n’est plus dans un équilibre, toujours instable et difficile à tenir, entre les dimensions caritative et divine de l’agapè chrétienne mais dans leur intégration parfaite dans la personne unique du Fils. Contemplons donc, sans nous lasser, le Christ, le Christ en Croix, et apprenons de cette école unique qui et comment aimer si nous voulons vraiment prendre au sérieux le Grand commandement de l’amour.

Père Gilles Drouin

« Que veux-tu que je fasse pour toi »

À juste titre pouvons-nous être surpris de la question de Jésus à l’aveugle Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » En effet, nous savons tous que Dieu sait très bien, et sans doute même mieux que nous, ce dont nous avons besoin. Mais en posant cette question, le Christ invite chacun à réaliser que ce qui va se jouer dans cette guérison est avant tout spirituel. Hélas, notre traduction ne retransmet pas fidèlement la demande de Bartimée. Contrairement à la première guérison d’un aveugle à Bethsaïde (Mc 8, 22-26), où Jésus s’y reprend par deux fois pour que le malade voit (blepò en grec), signifiant par là à quel point il est difficile pour l’homme de répondre à la foi et de croire, Bartimée lui, a déjà la foi, reconnaissant en Jésus le « Fils de David » tant attendu. Aussi demande-t-il non pas de voir à nouveau, mais de voir “vers le haut”, d’élever son regard (ana-blepò en grec), c’est-à-dire d’orienter sa foi, donc de devenir disciple de Jésus. Preuve en est, si l’aveugle de Bethsaïde a trouvé la vue, c’est-à-dire la foi, il ne s’est pas mis à la suite de Jésus. Ici Bartimée est le premier miraculé chez saint Marc à suivre Jésus « sur le chemin », et ce chemin le conduit à Jérusalem, vers la passion, la mort et la résurrection… C’est aujourd’hui pour nous l’occasion de réajuster notre foi, n’oubliant pas ces paroles du Christ : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mc 8, 34).

                                                                                Père François BOUCHARD

Le pouvoir et le service

En quelques lignes, Jésus nous délivre un message fort : « Les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».Tous les mots d’ici portent, mais surtout deux : pouvoir et service. 

L’histoire du monde, l’histoire de l’Eglise et notre propre histoire sont éclairées par une seule question : celui qui avait le pouvoir en a-t-il fait un service ? Une accusation devrait toujours se faire sentir comme un fer rouge : l’abus de pouvoir. J’ai pouvoir sur toi, j’en profite pour te manipuler et t’humilier. Toi, mon conjoint qui m’aimes ; toi, mon enfant qui a tant besoin de moi ; et aussi les employés de maison, nos subordonnés au travail et tant des peuples soumis à la dictature. Et même les chrétiens dans l’Eglise, comme dans une paroisse ou dans une communauté. Jésus a pourtant donné l’avertissement décisif : « Parmi vous, il ne dois pas en être ainsi ». Ce n’est pas un conseil, ce n’est pas une prescription secondaire, c’est constitutif. Partout ailleurs, on peut en prendre ou en laisser au sujet du pouvoir et du service. Dans l’Eglise, tout ce qui est règlement relève de ce principe premier : un pouvoir doit être vécu comme un service. Cela, nous le savons bien, exige des mises à mort : de l’orgueil, de la griserie, de la puissance, de l’autoritarisme, des paternalismes aveugles, etc. « Le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie ». En christianisme tout pouvoir est un appel à donner sa vie. D’une manière ou d’une autre nous avons tous des pouvoirs. Avons-nous aussi la passion de servir ?

P. Ovidiu ROBU

Fraternité missionnaire et maison sûre

« Fraternité missionnaire » : ces deux termes concentrent l’appel que nous adresse notre archevêque en ce début d’année dans une belle lettre pastorale que nous avons lue ensemble pendant notre pèlerinage à Vincennes. En voici un extrait : « C’est avec vous tous que je souhaite approfondir et mettre en œuvre ces deux visions pastorales – les fraternités missionnaires et l’accueil inconditionnel de tous – qui restent profondément liées. Il est nécessaire de construire, de plus en plus, des lieux de fraternité fondés sur la vie sacramentelle et le partage des Saintes Écritures qui, comme on le voit déjà dans bien des lieux, se déploient avec bonheur pour nous permettre de devenir davantage ce que nous sommes : les disciples du Christ. Il s’agit d’approfondir notre relation personnelle avec lui, de scruter ensemble la parole de Dieu en recevant des autres une lumière bienfaisante en se mettant ensemble sous la motion de l’Esprit Saint, d’édifier la communion par une liturgie joyeuse et profonde qui respecte l’acte divin. En vivant cela, nous pourrons construire une authentique fraternité qui sera le reflet de la présence du Christ au milieu de nous. Mais une telle fraternité de disciples du Christ ne peut être que missionnaire dans le sens où elle s’ouvre à tous de manière inconditionnelle. Loin de nous enfermer dans un entre-soi mortifère, elle nous oblige à cette amitié universelle envers tous les hommes en mettant en place dans nos lieux pastoraux de nouvelles propositions qui attirent pour montrer que l’Église a été voulue par le Christ pour le bien de tous les hommes. C’est bien par attraction que se répand le message évangélique comme le rappelle le pape François dans son encyclique La joie de l’Évangile. Nous devons pouvoir lancer des initiatives nouvelles et parfois surprenantes pour répondre à un tel défi. J’ai employé ce mot, peut-être incongru, de « start-up » du Bon Dieu pour dire combien nous avions à nous laisser guider par le Saint-Esprit dans les temps nouveaux que nous avons à vivre ».


Une telle fraternité missionnaire en vue d’un accueil inconditionnel de tous suppose aussi de faire de l’Eglise une « maison sûre ». C’est le sens du travail de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise. Ecoutons à nouveau Mgr Michel Aupetit qui s’adresse à tous les fidèles : « Mardi prochain, la publication du rapport de la CIASE va être une épreuve de vérité et un moment rude et grave. Nous allons recevoir et étudier ces conclusions pour adapter nos actions. Je vous tiendrai informé car cette lutte contre la pédophilie nous concerne tous. C’est dans une attitude de vérité et de compassion que j’invite chacun d’entre vous à recevoir le contenu de ce rapport. Mais avant tout, nos pensées, notre soutien et nos prières vont continuer d’aller vers toutes les personnes qui ont été abusées au sein de l’Eglise et dont les souffrances doivent être aussi les nôtres. Que le Seigneur de justice et de miséricorde nous conduise sur le chemin d’une vie nouvelle et que son Esprit Saint nous garde dans l’unité ».       

                                                                                              Mgr Michel Aupetit

                                                                                        Père Jean-Baptiste Arnaud

À bien des égards, l’Évangile de ce dimanche nous surprend sans doute, et peut-être même nous choque par la sévérité du Christ à l’égard de celui qui chute. Mais comme toujours, il nous faut faire l’effort d’en comprendre le contexte. Alors que ses disciples s’offusquent que de bonnes volontés fassent le bien sans mandat du Christ, sans être explicitement apôtres, Jésus les invite, et donc nous invite, à réfléchir sur la force du témoignage chrétien. Marcher à la suite du Christ recouvre beaucoup d’attitudes. Certains marchent au plus près, d’autres sont plus lents, mais le résultat est que tous avancent dans la même direction. Il s’agit pour nous, qui nous sentons peut-être assez proche du Christ par notre pratique régulière, de nous intéresser à ceux qui sont plus loin, qui sont plus lents, et que nous côtoyons pourtant tous les jours, dans nos familles, parmi nos amis, nos relations, et à qui Jésus promet tout autant de récompenses. Si en revanche, par notre désintérêt, l’un ou l’autre d’entre eux perdait Jésus de vue, nous devrions, devant Dieu, en rendre de sévères comptes. Soyons donc attentifs les uns aux autres, particulièrement en ce début d’année où nous croisons de nouveaux visages. Ayons à cœur, derrière chacun d’eux d’y chercher le Christ. 

Père François BOUCHARD

« Accueillir un enfant »

Un petit enfant est en train de faire un bon dessin. Son institutrice s’approche de lui, et demande : Que dessines-tu ? Et l’enfant lui répond : Je suis en train de dessiner Dieu ! L’institutrice est un peu étonné et lui dit : Mais personne ne sait à quoi ressemble Dieu ? Mais l’enfant poursuit : Je le sais, et quand j’aurais fini mon dessin, tout le monde le sera ! Ce petit récit permet de bien rentrer dans l’intelligence de notre page d’évangile, notamment cette phrase qui conclut le texte : Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. Si nous voulons savoir à quoi ressemble Dieu ; si nous voulons mettre un visage sur Dieu, il suffit de regarder un enfant (en particulier un petit bébé), et alors nous pourrons mieux saisir qui est Dieu ; quel est son visage. 

Accueillir un enfant, c’est lui accorder toute la place, toute l’attention et l’aide necessaire. Accueillir un enfant, cela veut dire certainement aussi, accueillir celui que nous avons été autrefois ; c’est retrouver cet enfant que nous avons été, et que peut-être que nous avons perdu de vue. Car, lorsqu’on grandit, malheureusement, on se prend parfois trop au sérieux. Pablo Picasso faisait cette remarque : Il m’a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant. Picasso a dû faire l’effort pour apprendre à dire des choses très importantes avec un minimum de moyens. Accueillir un enfant, c’est savoir aussi se situer correctement par rapport à Dieu ; apprendre à nous tourner vers Lui ; à tout recevoir de Lui, et non pas à vouloir tout contrôler !

P. Ovidiu ROBU