« Il vit et il crut » (Jn 20,8)


En ce dimanche de la Fête de Pâques, le récit johannique nous présente trois premiers témoins du Ressuscité : Marie Madeleine, Simon–Pierre et celui que Jésus aimait (on suppose qu’il s’agit de Jean lui-même). Ici, il y a deux verbes qui sont très chers à Jean : voir et croire. Ils nous permettront de connaître la réaction de chaque témoin face à ce grand événement qu’est la résurrection du Seigneur.
Marie Madeleine « voit que la pierre a été enlevée du tombeau » mais elle n’a pas compris tout de suite ce qui se passait. C’est elle qui a couru trouver les disciples pour leur dire la disparition du corps de Jésus. Informés par Marie Madeleine, Pierre et Jean se rendent donc au tombeau. Ce qu’ils voient, c’est le tombeau vide et les linges restés sur place. Devant le tombeau vide, Pierre regarde (contemple) sans réaction explicite. Quant à Jean, « il vit et il crut ».
Pour Jean, le linceul et le linge prouvent la Résurrection. Après l’exécution du Christ, les adversaires ont répandu le bruit que les disciples de Jésus avaient subtilisé son corps. Jean répond : si on avait pris le corps, on aurait pris les linges aussi. Et s’il était encore mort, on n’aurait évidemment pas enlevé les linges qui le recouvraient. Celles-ci sont en effet la preuve que Jésus est désormais libéré de la mort. Devant ces deux linges, saint Jean vit et il crut. Il comprit tout de suite. La résurrection du Seigneur lui permettait à croire à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite (Cf. Jn 2,22).
Saint Jean a crut en Jésus Christ Ressuscité, parce qu’il a vu. De même, les autres disciples étaient heureux d’avoir vu et rencontré le Ressuscité. Quant à nous, c’est par le baptême que nous avons aussi reçu la même foi et la même joie que des apôtres. Comme Il nous a promis « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20,29). Joyeuse Pâques à tous !

Père Joseph Van Nam NGUYEN