Les Béatitudes que l’évangile de Luc nous donne de méditer ce dimanche sont très différentes de celles rapportées par Saint Matthieu (huit béatitudes en saint Matthieu, quatre béatitudes en saint Luc). Si Matthieu insiste sur la pauvreté spirituelle, attitude du cœur, Luc, lui, s’adresse à des pauvres réels, à la classe sociale de ceux qui sont plus pauvres, physiquement, que les autres. Cette insistance particulière de Luc est encore renforcée par l’annonce d’un retournement des situations, l’opposition entre des béatitudes et des malédictions… Ce message, nettement plus social que celui de Matthieu, est bien dans la ligne de tout l’évangile de Luc.

Les Béatitudes en saint Luc invitent donc tous les hommes, riches et pauvres, à transformer les structures de la société pour qu’il y ait moins de gens défavorisés… Heureux, vous les pauvres, heureux vous qui avez faim maintenant. Heureux, vous qui pleurez maintenant. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent, méprisent. Ici, les Béatitudes relèvent du même thème : qu’est-ce que le bonheur ? La réponse est le contraire de ce que nous dirions de nous-mêmes. Ainsi, la bénédiction n’est plus dans les choses bonnes mais dans les difficultés de la vie. Le chemin du bonheur dans la Bible, comme dans l’évangile est l’inverse de celui que nous souhaitons emprunter. Cela révèle aussi que le bonheur n’est pas pour ceux qui ont déjà tout mais bien pour ceux qui n’ont rien. Le salut et le bonheur sont faits pour ceux qui ont faim et soif de justice, de paix, d’amour. La bénédiction ne réside plus dans la richesse, le pouvoir, dans l’avoir, mais bien dans ce que je n’ai pas, dans mon être intime. « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous » (Lc 6, 20).

Père Joseph Van Nam Nguyen

Père Olivier de Cagny