Nous ne savons pas très bien ce que recouvrait le terme de lèpre au temps de Jésus. Cette maladie affectait l’apparence de la personne et, sans doute par crainte de la contagion, celle-ci devait se tenir à l’écart des lieux habités. En outre elle ne pouvait plus accéder au Temple et rendre un culte à Dieu, car elle était impure. Outre la santé, le lépreux perdait donc deux dimensions essentielles de l’existence humaine : la communion avec les autres hommes et la communion avec Dieu.

En soignant un lépreux, Jésus pose un geste extrêmement significatif. Il ne craint pas de le toucher – ce que saint Marc précise à bon escient –, montrant ainsi qu’aucun mal ne saurait rompre sa communion avec Dieu. Fort de cette communion inouïe, Jésus rétablit le malade dans la santé du corps. Puis il lui commande d’offrir au Temple les sacrifices prescrits par la Loi pour qu’il soit pleinement réintégré dans le peuple d’Israël.

Un peu de publicité à propos d’un geste aussi fort servirait merveilleusement l’annonce du Royaume de Dieu, pouvons-nous penser. Et pourtant Jésus commande à l’ancien lépreux de ne pas parler de lui. Pourquoi une telle consigne de discrétion ? Peut-être bien parce que ce que fait Jésus, il le fait en tant que Fils de Dieu qui tient absolument tout du Père. Jésus ne veut pas attirer l’attention sur lui mais sur son Père. « Ce sera pour les gens un témoignage », dit-il au lépreux, parce qu’ainsi les israélites comprendront que Dieu n’a pas oublié son peuple et qu’il déploie encore sa puissance de Salut en son sein.

Jésus n’est pas venu pour être servi mais pour servir Dieu son Père en servant les hommes. Mettons-nous à son école et apprenons de lui à être d’authentiques fils et filles de Dieu !

 

Père Florent URFELS