Les événements que nous avons vécus cet été nous rappellent la fragilité de la paix et nous invitent à la prudence. Mais ils nous appellent aussi à la conversion, et ce pour au moins trois raisons :

  1. La violence de l’ennemi nous révolte et provoque notre colère. Mais nous devons demander à Dieu la grâce de convertir cette colère, ce ressentiment, cette envie de vengeance, en amour des ennemis, en pardon, en miséricorde. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Sans naïveté, mais aussi sans réserve.
  2. La complexité de ce monde traversé par de multiples réseaux, physiques ou numériques, réels ou virtuels, nous invite aussi à prendre du recul, à réfléchir, à découvrir la liberté que Dieu nous donne par rapport aux idées toutes faites, au « prêt-à-penser », à la pensée « unique ». Des intellectuels de tous bords s’expriment. Notre Église, « experte en humanité » (selon les mots du bienheureux Paul VI à l’ONU), porte en elle, dans sa foi et dans son expérience, dans sa Tradition, un trésor de critères pour discerner, juger les situations, sans se soumettre au subjectivisme du désir instantané, de la conscience mal éclairée, des suggestions du Tentateur.
  3. Si nous voulons répondre à l’islamisme, il nous faut nous convertir à un christianisme plus authentique. Sans nous croire purs de tout péché, nous pouvons cependant tendre à manifester par notre vie que notre religion pratique réellement la charité, l’amour véritable, que Dieu a déposé dans nos cœurs. C’est notre meilleure réponse aux défis de ce temps que nous vivons. Comment donner envie à d’autres de devenir (ou de redevenir) chrétiens si nous montrons de notre foi une image tiède et déformée ?

Si nous acceptons de nous convertir à Dieu, c’est-à-dire de nous tourner plus résolument vers Celui qui nous sauve du péché par la mort librement consentie en sacrifice de son Fils Jésus, nous pourrons répondre, et à la situation présente, et aux demandes de notre évêque qui nous rappelle trois objectifs pour la période 2015-2018 :

  1. ANNONCER. Le Parcours Alpha commencera après la Toussaint. Avons-nous trouvé qui nous pourrions y inviter pour (re-)découvrir le noyau de la foi chrétienne ? Une équipe de lecteurs se met en place pour assurer une meilleure proclamation liturgique de la Parole de Dieu. Qui veut se former pour ce service ? Par notre manière de vivre, annonçons que Dieu est miséricorde.
  2. PARTAGER. Bien des occasions nous seront données cette année : le service du repas Alpha, le repas du dimanche après la messe, les cafés servis aux Bains-Douches de la rue des Deux-Ponts, l’aide aux réfugiés d’Irak et de Syrie, l’accueil des nouveaux paroissiens à la sortie de la messe ….
  3. TRANSMETTRE. Outre le Parcours Alpha, c’est vers les jeunes que notre effort doit se porter. Invités à participer à l’aumônerie du Marais, ils sont aussi conviés à nous aider à prier les dimanches précédant les vacances scolaires. Les 18-30 ans préparent une soirée d’adoration le 2ème jeudi de chaque mois. Accueillons-les avec bienveillance, encourageons-les. Dans notre entourage, des jeunes cherchent un lieu de vie chrétienne. S’ils n’en ont pas toujours le désir explicite, ils en ont besoin. Que faisons-nous pour leur faciliter le chemin ? Enfin, une équipe se met en place pour réfléchir à des « cellules d’évangélisation » pour notre quartier. Et si vous en faisiez partie ?

Bonne et sainte année. Dans le sillage de l’année de la miséricorde, accueillons les dons que Dieu nous fait et faisons-les fructifier ! Dieu est Amour. Il faut que le monde découvre cette merveille !

 

Père Olivier de Cagny