5ème dimanche du temps ordinaire

Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu :
le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures

En lisant cet extrait du chapitre XV de la Première lettre aux Corinthiens tout entier consacré à la résurrection, je pensais à ce qu’un de mes anciens paroissiens, homme de lettres et grand chrétien, répétait à l’envi : « La résurrection du Christ…tout le reste n’est que littérature. » Et il avait raison. Nous sommes, avec le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, au cœur du cœur de notre foi chrétienne. Paul dit d’ailleurs que si le Christ n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine. Et d’ailleurs, si le Christ n’était pas ressuscité, nous ne serions pas présents, vingt siècles plus tard, comme communauté chrétienne, comme Eglise.  

Dans son “Jésus de Nazareth”, Benoit XVI faisait remarquer que dans le Nouveau Testament il y avait deux manières de se rapporter à l’évènement de la résurrection : les récits d’apparitions et ce que fait Paul, la transmission d’une nouvelle, de ce qu’on appelle le kérygme pascal. Dans notre vie également il y a ces deux manières d’entrer en contact avec l’évènement de Pâques : quelqu’un, un membre de notre famille, un catéchiste, un prêtre nous a probablement transmis la mémoire croyante de cet évènement pascal, mais peut-être aussi avons-nous fait l’expérience de la rencontre personnelle du Ressuscité. Il me semble que dans une société sécularisée comme la nôtre, la simple transmission ne suffit pas, elle ne fonctionne d’ailleurs pas très bien, elle doit être suivie de cette expérience bouleversante, vivifiante de la rencontre personnelle avec le Ressuscité, une expérience que Paul a d’ailleurs faite sur le chemin de Damas.  

Oui si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine, mais si nous n’avons pas fait l’expérience de la rencontre avec le Ressuscité, il n’est pas sûr que notre témoignage, que notre effort de transmission soit fécond ! 

P Gilles DROUIN

Le fils de Joseph, le fils du Père !

Jésus est dans la synagogue de Nazareth. L’auditoire de Jésus est d’abord émerveillé par les paroles de Jésus, sa façon de prêcher, son charisme, son autorité… Mais peu de temps après, il bascule à l’étonnement, à être surpris, à l’incompréhension et même à l’extrême violence. Comment cela est-il possible ? En fait, ses compatriotes réalisent que ce rabbin dont ils ont entendu parler parce qu’il a fait déjà des miracles à Capharnaüm et dans d’autres cités, n’est finalement à leurs yeux que Jésus de Nazareth. Il a fréquenté leurs enfants, il a joué avec eux sur les places publiques, il a pour parents Marie et Joseph qui sont bien connus dans le village. Alors d’où lui vient cet enseignement nouveau proclamé avec tant d’autorité ? C’est la question qu’ils se posent, après s’être émerveillés de ses paroles. L’évangéliste Luc ne nous dit pas tout ! Nous n’avons pas les réactions de l’assistance explicitement formulées. L’évangéliste se contente de rappeler seulement leur surprise et cette question qu’il se pose entre eux : N’est-ce pas là le fils de Joseph ? 

Jésus perçoit dans son auditoire un manque de foi, une attitude pleine de provocation comme : Montre-nous de quoi tu es capable ? Prouve que tu dis vrai ? Montre-nous des signes ? Nous voulons voir des choses spectaculaires comme tu as fait ailleurs…. Mais Jésus ne vient pas à Nazareth pour montrer son CV, ses notes de recommandation, ses diplômes. Les habitants de Nazareth savent bien qu’il n’a pas fréquenté l’école pour être rabbin, mais qu’il a suivi le même cursus que les habitants de son village. Pourtant son enseignement apporte de la nouveauté parce qu’il est le fils du Père, consubstantiel au Père, uni au Père au plus profond de lui-même du point de vue de son être, de son hypostase. 

Les habitants de Nazareth ne vont pas accueillir le message de Jésus ce jour-là. Sans doute qu’ils font aussi ce raisonnement : Jésus, tu es un habitant de notre village, est-ce que nous ne devrions pas être les premiers bénéficiaires de tes miracles ? Sauf que pour le salut accordé par Dieu il n’y a pas de privilèges. Il est demandé tout simplement de se convertir et de croire à l’Evangile.

                                                                                   P. Ovidiu ROBU

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture »

Cette phrase constitue sans doute l’homélie la plus brève de l’histoire, et sans doute la plus percutante, prononcée par le Verbe de Dieu fait chair. Elle nous invite à un acte de foi : croyons-nous en l’efficacité de la Parole de Dieu aujourd’hui, ici et maintenant ? « Ceci est mon corps livré pour vous », « Je te pardonne tous tes péchés », « La joie du Seigneur est notre rempart », « Vous êtes le corps du Christ » … : en quoi ces paroles s’accomplissent pour nous aujourd’hui ? Avec Jésus nous voulons « ouvrir le livre » des Ecritures saintes, afin de le comprendre, de nous l’expliquer mutuellement, comme déjà à l’époque du prophète Néhémie, et d’y répondre d’une voix forte : « Amen, amen », ce qui signifie : « C’est solide, j’y crois ». C’est ce que veut faire saint Luc en écrivant son Evangile. Nous le suivrons pas à pas tout au long de cette année le dimanche à la messe dans la liturgie de la Parole si précieuse et nourrissante. Et si nous décidions, en ce dimanche de la Parole de Dieu, de garder l’Evangile de saint Luc ouvert chez nous pour le lire semaine après semaine, jour après jour, comme dans un lent goutte-à-goutte et nous laisser transformer par cette Parole vivante ?

Aujourd’hui c’est-à-dire dimanche, ce passage de l’Ecriture s’accomplit pour nous donner de goûter la joie de ce jour consacré au Seigneur. Comment vivons-nous ce premier jour de la semaine ? Comme une source pour nos actions, nos rencontres, notre travail ? Nos vallées de larmes, émus et désolés à la fois, comme les pleurs du peuple qui entend à nouveau la loi dans le livre de Néhémie, sont un appel à la conversion, à la consolation, que nous recevons les uns des autres afin de la transmettre et de la répandre. La loi du Seigneur redonne vie. Le Seigneur nous a consacrés par l’onction du baptême. Il nous a envoyés porter la Bonne nouvelles aux pauvres. La joie du dimanche est contagieuse, elle se partage autour d’un repas, elle grandit par la charité vécue avec ceux qui sont affligés. En prenant soin les uns des autres nous grandissons dans la conscience heureuse de former un seul corps, une seule famille, paroissiale, ecclésiale, chrétienne, humaine. En cette semaine où nous prions plus intensément pour l’unité des chrétiens nous voulons croire que cette parole s’accomplit aujourd’hui : « Nous avons été baptisés pour former un seul corps ». Et nous voulons contribuer à ce que ce passage de l’Ecriture, comme chaque page de la Bible, s’accomplisse un peu plus chaque jour.

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

Nous partons pour la Terre sainte

Comment partir pour la Terre Sainte ? Une multitude de cultures et de lectures s’impose d’emblée, et le candidat voyageur hésite sur le chemin à choisir : archéologie biblique ? Piété chrétienne ? Curiosité pour le passé (de l’homme préhistorique à Napoléon en passant par Byzance ou les Croisades) ? L’Islam ? Le visage novateur et créateur d’Israël ? L’imbroglio politique et le conflit israélo-arabe ? Ou plus simplement encore, un morceau de plage méditerranéenne ? Je vous fais grâce de bien d’autres aspects…

Si ce pays est ainsi le point d’entrecroisement de tant de questions, ce n’est pas seulement parce qu’il fait partie des plus anciennement humanisés ou que les plus anciennes cultures y virent le jour, mais surtout parce qu’une piste originelle y a été tracée, chemin d’un antique voyage sans cesse repris au cours des siècles, tantôt par des peuples entiers, tantôt par des solitaires : d’Abraham au Père de Foucauld.

Le propre de ce chemin, c’est qu’il n’a, finalement, pas de terme visible ; c’est que, quelles que soient les convictions ou la foi de celui qui le suit, jamais il ne peut dire « je suis arrivé ».

Le propre de cette terre, c’est qu’elle renvoie toujours à un au-delà d’elle-même : si Rome a été dans Rome, Jérusalem, jamais, n’est dans Jérusalem. Jérusalem, toujours, renvoie ailleurs, puisque, aussi bien pour le juif que pour le chrétien – pour le musulman aussi -, pour l’agnostique ou pour l’athée, ce que cette Terre symbolise échappe à jamais à toute possession : la paix, l’unité des hommes, le bonheur, la liberté, Dieu.

Le bout du chemin n’est jamais atteint, si ce n’est dans une poursuite du chemin. Cette Terre ne se visite pas, car le visiteur n’y peut rien voir, sinon des apparences ; seul celui qui accepte de « se mettre » en route trouve ce chemin secret qui rend toutes les pierres vivantes. 

Jean-Marie Lustiger, 1973

Qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ?

« France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? ». Cette question, posée par le saint pape Jean-Paul II lors de son premier voyage dans notre pays, à Paris en 1980, est toujours d’actualité, spécialement à l’aube d’une année électorale. En quoi la vocation spirituelle de la France, la foi au Christ, l’énergie et la vitalité des chrétiens peuvent-elles se traduire concrètement aujourd’hui au service du bien commun, de la justice, de la fraternité, du service des plus pauvres et de leur place dans la société ?

Cette question nous est aussi adressée en cette fête du Baptême du Seigneur, au plus intime de notre conscience et de notre liberté. Qu’avons-nous fait des promesses de notre baptême, du don et de la mission reçues gratuitement lorsque nous avons été plongés avec le Christ au Jourdain ? La grâce de Noël ne consiste pas à fêter un anniversaire, mais une naissance, celle du Christ né aujourd’hui parmi nous, et celle de chacun de nous, qui sommes, avec lui, nés de Dieu, baptisés dans l’Esprit et dans le feu. La grâce de Noël est d’apprendre à devenir une personne, consistante et libre, corps âme et esprit, fils et frère, être de relation et de communion, et à devenir un peuple, ardent à faire le bien, vivant de manière juste et raisonnable en ce temps, dans l’attente confiante et la bienheureuse espérance.

Personnellement, et en communauté, dans l’Eglise, dans le monde, nous voulons prendre au sérieux notre vocation baptismale, notre sacerdoce royal, avec une grande ambition et une grande humilité. En ce début d’année, comme les mages qui rentrent chez eux par un autre chemin, transformés par la rencontre de l’Enfant dans la Maison, nous pouvons renouveler notre relation au Christ vivant dans l’Eglise notre mère. Avec tout le peuple de Dieu nous sommes invités à une démarche synodale. Le terme synode signifie littéralement à « un chemin commun » pour réfléchir et intensifier la manière dont nous vivons notre baptême. Trois mots-clés nous sont donnés par le saint Père : participationcommunionmission. Interrogeons-nous sur chacun d’eux, pour discerner à quoi nous sommes appelés et où nous en sommes, dans la participation à la vie de trinitaire comme au quotidien de notre paroisse, dans la communion fraternelle concrète et accueillante ainsi que dans la prière et l’amitié avec le Seigneur, dans la mission de témoigner de la joie de l’Evangile auprès de tous et spécialement de ceux qui ne connaissent pas le Christ. Belle et sainte année 2022, qu’elle soit audacieuse et lumineuse !

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

Vers le synode

Les nations marcheront vers ta lumière. (Isaïe 60, 3)

Au baptême nous recevons la lumière du Christ. L’Église étant le peuple de Dieu, la lumière du Christ rayonne en elle pour chasser l’obscurité du monde. Cette vérité sur l’Église est pleinement développée dans le document lumen gentium du Concile Vatican II. Notre pape François se préoccupe que l’Église encourage et soigne cette lumière et qu’elle soit purifiée de ce qui pourrait la freiner et l’empêcher de parler à tous les hommes et à toutes les femmes. C’est dans cette optique là que le Pape François nous demande de participer à ce qu’il appelle un synode universel, c’est à dire à une assemblée de tous les membres de l’Église pour que la voix du Saint Esprit qui souffle dans les cœurs des fidèles soit bien entendue par notre Pape et nos évêques. Pour faire synode nous vous proposons de nous réunir par petits groupes au sein de nos paroisses pour « se parler, s’écouter, discerner et proposer.» Les comptes rendus des synodes paroissiaux seront portés aux évêques et finalement au Pape.

À Saint Louis en l’Ile nous proposons à tous les différents groupes de notre paroisse de faire ce travail synodal à l’intérieur de leurs groupes. Les responsables seront chargés de se réunir pour produire un rapport qui sera transmis à notre évêque.

Robert Mc Keon

Nazareth : Ecole de vie chrétienne

Ce n’est qu’en 1921 que la fête de la sainte Famille a été étendue à l’Eglise universelle, par Pie XI, dans un contexte politique très particulier où les législations civiles commençaient à attaquer la conception « traditionnelle » de la famille, avec notamment la multiplication des lois rendant le divorce plus facile. Mais les racines de cette fête sont plus anciennes : elle a fortement marqué l’Ecole française de spiritualité au XVIIe siècle, avec une perception beaucoup plus spirituelle : la sainte Famille était alors envisagée comme un lieu privilégié de contemplation de la merveille de l’Incarnation du Verbe de Dieu, homme parmi les hommes. 

Cette dualité de la fête demeure, et la difficulté de faire, trop vite, de cette famille si particulière un modèle pour les familles chrétiennes….surtout si on prend en compte les nombreuses paroles évangéliques par lesquelles Jésus dénonce les situations où l’attachement, par ailleurs légitime, à la famille tend à prendre la place du service de Dieu et du prochain.  

Et pourtant nous pressentons tous que la sainte Famille a beaucoup de choses à nous dire, aujourd’hui encore :

– par l’attitude de ces parents d’exception que sont Marie, modèle d’écoute et de contemplation et de Joseph, modèle de justice et de droiture ;

– par l’émerveillement que nous devons probablement retrouver devant l’humilité de Dieu qui a voulu partager, trente années durant, l’humble quotidien d’une famille humaine. Le pape Paul VI, dans une homélie prononcée à Nazareth, parle de la triple leçon de silence, de vie familiale et de travail de la vie cachée de Jésus à Nazareth, ce qu’il appelle l’Ecole de Nazareth.

En ces temps bruyants, troublés, instables nous avons tout à gagner à nous mettre, à notre tour, l’école, l’humble et profonde Ecole de Nazareth.

Père Gilles DROUIN

Il est encore temps !

Hier, samedi, la liturgie nous proposait d’entendre l’annonce faite à Joseph, au cours d’un songe, qu’il devait prendre chez lui Marie, choisie par le Très-Haut pour porter Son Fils. Demain, lundi, la liturgie nous offrira l’annonce faite à Marie par l’Ange Gabriel, de ce choix du Très-Haut à son égard. Marie, conçue immaculée, eut cette grâce d’une visite en direct de l’Envoyé divin. Joseph, non moins saint, mais en revanche moins “gracié”, eut besoin de cette légère anesthésie d’un songe pour le recevoir. 

Bien moins saints que Joseph, notre songe à nous dure depuis 21 jours. Jean-Baptiste nous exhortait au début de l’Avent à préparer le chemin du Seigneur, à aplanir les montagnes d’orgueil de notre cœur, à combler les ravins du doute et de la désespérance afin d’accepter, nous aussi, d’accueillir le Sauveur. Et bien pour finir de nous convaincre, en ce dernier dimanche de l’Avent, nous entendons le récit de la Visitation et la joie d’Élisabeth d’accueillir Marie et son Sauveur, qui dès le sein maternel, commence déjà sa mission. Cette joie nous est aussi promise pour autant qu’à Noël nous aussi, accueillions le Sauveur dans le berceau de nos cœurs. Plus que 6 jours chers amis pour ne pas ressembler à ceux de Bethleem qui sont en train de fermer leur porte à la Sainte Famille, par défaut de place, le cœur trop encombré de bien des péchés et des soucis du monde. Convertissons-nous tant qu’il est temps, et comme Élisabeth, accueillons dès aujourd’hui Marie chez nous ! 

Père François Bouchard

Soyez dans la joie !

Cette invitation de saint Paul résonne avec force en ce troisième dimanche de l’Avent, appelé Gaudete, « Réjouissez-vous », où nous sommes tout particulièrement heureux et honorés d’accueillir des invités exceptionnels et occasionnels pour la messe à Saint-Louis en l’Ile. L’austère violet de la pénitence – et oui l’Avent est un temps de conversion ! – se teinte de lumière pour donner un rose léger signe d’allégresse : « Le Seigneur est proche ». Il vient le Seigneur, il vient sauver les hommes. Nous l’invoquons, nous l’attendons : « Viens Seigneur ». Il est là au milieu de nous. Il se donne à nous. C’est une promesse. C’est un cadeau.

Cet appel manque-t-il de réalisme ? Comment être dans la joie alors que le monde et l’Eglise sont traversés par tant d’épreuves, divisés et déchirés, de remous et de jalousie, alors que le visage et la dignité de tant d’hommes, de femmes, d’enfants sont bafoués, ne seraient-ce que les migrants qui cherchent à traverser l’Europe. Comment témoigner de la joie de Noël auprès des passants, des commerçants, des habitants de notre quartier qui ne sont pas (ou plus) habitués à entrer dans l’église ? « Ne soyez inquiets de rien » ajoute saint Paul alors qu’il est en prison. « Pousse des cris de joie, de tout cœur bondis de joie » demande déjà le prophète Sophonie dans l’Ancien testament, alors que le peuple de Dieu est exilé à Babylone ». Excès d’insouciance, joie trop facile ?

Cette joie est solide et profonde car elle vient de Dieu et de sa présence en nous, au milieu de nous. « Le Seigneur est en toi ». En nous accueillant les uns les autres, nous pouvons nous reconnaître chacun comme porteur de la présence de Dieu. Le Seigneur habite en nous comme en son Temple. Et il trouve en nous sa joie. Il se réjouit de notre existence qui est un don de sa grâce, il ne se lasse jamais de nous pardonner. Cette joie très concrète est exprimée par la « bienveillance » dont parle saint Paul. Plus qu’une valeur à cultiver – et c’est heureux ! – en entreprise, dans la société, les familles ou l’Eglise, elle est la marque du regard et de l’action de Dieu pour nous : il veut notre bien. Il nous établit gardiens de nos frères. C’est ce que nous voulons vivre dans notre quartier avec les maraudes et les veilleurs de proximité, avec hiver solidaire et le plan grand froid pour prendre soin les uns des autres.

Cette joie suscite une attente – « Quand viens-tu Seigneur ? » – et une question – « Que devons-nous faire ? ». Cette interrogation de toute conscience morale n’est pas une obligation extérieure mais un dynamisme intérieur. La réponse de Jean-Baptiste dans l’évangile de ce dimanche relève à la fois de la simplicité et de l’impossibilité à vue humaine : partager, n’exiger rien de plus, renoncer à la violence. Entre l’orgueil de trouver cela trop facile, et le désespoir de ne jamais y parvenir, le chemin de l’amertume à la joie consiste à reconnaître et à consentir à ce que le Christ accomplisse en nous cette œuvre de conversion, de retournement, et qu’il nous y associe par le don du baptême et son déploiement. Notre joie est ainsi purifiée par le feu, par l’épreuve de vérité, par le jugement sur nos actes qui n’appartient qu’à Dieu. Bonne route vers la joie de la Nativité !

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé 

Préparez le chemin du Seigneur !

La semaine dernière nous entendions Jésus nous dire : Restez éveillés et priez en tout temps. Aujourd’hui, nous avons un autre impératif : Préparez le chemin du Seigneur.Et la semaine prochaine nous entendrons un nouvel impératif : Soyez dans la joie ; rendez grâce au Seigneur. Ces trois impératifs en effet s’accordent bien, car le fait de prier et de mettre en œuvre sa foi, dans la joie et l’action de grâce, cela est bien cohérent, et constitue certainement un témoignage véridique.

Dans notre passage de l’évangile, saint Luc pose le décor dans lequel Jésus va commencer son ministère public. Il a vraiment le souci du détail. Il fait œuvre d’historien en citant sept personnalités religieuses et politiques, et il y a un effet de zoom au niveau géographique : on part de l’Empire Romain, on survole la Judée et puis, le désert de Judée, pour arriver sur les rives du Jourdain, là où Jean baptisait. Tout cela pour nous dire que l’histoire qu’il raconte est tout à fait solide ; Jésus est bien un homme de son temps ; enraciné dans un contexte, un pays, une culture, une histoire bien déterminée. Jésus n’est pas du tout un mythe ! 

Et dans l’histoire nous voyons tout d’un coup l’irruption de Dieu par sa parole. C’est lui qui est aux manettes, et qui intervient directement dans l’histoire des hommes. Alors, Jean le Baptiste s’inscrit dans une longue tradition prophétique en Israël. Après Jérémie ou Isaïe, annonçant des grands événements, comme la déportation en Babylone ou le retour d’Exil, voilà que la parole retentit à nouveau, après des siècles de silence. Et cette parole est très puissante. Elle tombe littéralement sur le prophète Jean Baptiste pour annoncer la Bonne Nouvelle. Dieu veut venir en personne ; il viendra coûte que coûte pour déplacer des montagnes. Même si les routes ne sont pas prêtes, il viendra quand même. Ainsi, la lumière de Noël resplendira dans notre monde, que nous soyons préparés à la recevoir ou pas !

P. Ovidiu ROBU