À l’école de Pierre

Après la résurrection du Seigneur, Pierre revient en Galilée à son ancien métier de pécheur. A-t-il eu raison de revenir en Galilée ? N’oublions pas que si Pierre va en Galilée, c’est parce qu’il répond à la demande de l’ange : «  Allez en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit. (Cf. Mc 16,7) » On croit trouver le Seigneur en allant au loin parce qu’on a l’impression que là où nous sommes, Dieu n’est pas là. Pierre nous dit que nous devons trouver Dieu là, d’où nous venons. Pierre est d’origine de Galilée, il retourne là-bas. C’est là qu’il fait l’expérience de la résurrection. Non pas dans l’extraordinaire, mais vraiment dans sa vie courante de pêcheur. C’est dans l’activité de tous les jours que nous pouvons trouver le Seigneur.

Pierre se jette à l’eau pour aller rejoindre le Christ le plus rapidement possible. Ainsi Pierre manifeste son amour débordant qui est à l’image de sa générosité. Il se jette à l’eau de la même manière que pour le tombeau vide où il rentre avec audace. Est-ce que nous avons la même capacité que l’apôtre Pierre à aimer le Seigneur ? Car la foi chrétienne c’est d’abord une question d’amour.

Jésus pose trois questions à Pierre qui en apparence sont les mêmes. Pierre comprend tout à fait la subtilité de Jésus. Sauf que maintenant il se connait lui-même, il connait sa fragilité, il connait ses faiblesses. Il sait qu’il a renié alors qu’il a promis qu’il donnait toute sa vie au Seigneur. Désormais, il ne veut plus fanfaronner. Face à l’épreuve, c’est connu, que l’on se découvre soi-même. Il y a dans ces réponses de Pierre une grande humilité qui nous interroge à notre tour. Cessons nous-même de fanfaronner, de se croire toujours supérieur aux autres pour accepter sa fragilité, et demander le secours du Seigneur. Dans les moments difficiles, compliqués de la vie, c’est une invitation à faire confiance au Seigneur. Pierre était tombé trois fois, Jésus le relève à trois reprises. Ainsi, Pierre nous apprend à être humble. Suite à ses réponses, Jésus l’appelle à le suivre, en lui disant fermement : Suis-moi.

Aujourd’hui, demandons au Seigneur cette grâce d’avoir pareille humilité, d’avoir pareil amour débordant, et d’avoir la certitude que le Seigneur est toujours là pour nous relever à chaque fois que nous chutons !!! 

P. Ovidiu ROBU

Sacré Thomas !!!

Aujourd’hui nous retrouvons l’apôtre Thomas qui n’était pas présent le dimanche de la résurrection. On se demande qu’est-ce qu’il pouvait de mieux à faire dans ce jour-là. Après, il a rencontré les apôtres, qui lui ont dit que Jésus est ressuscité. Il veut bien croire mais il donne ses conditions : Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas. 

Il n’est pas vu de manière positive ce Thomas, car il a manqué le premier rendez-vous, et il a posé ses conditions. On peut même dire qu’il est doublement fautif : Il a manqué de confiance devant Marie Madeleine qui est la première à témoigner de sa foi en Jésus ressuscité. Et puis, dans la semaine, il a manqué de confiance à l’égard des apôtres. Cependant Jésus apparaît le dimanche suivant, et l’invite à constater par lui-même la réalité de la résurrection.  

Souvent on associe Thomas à l’incrédulité. Ainsi le nom de Thomas est entré dans le langage populaire : Moi, je suis un peu comme St Thomas – je ne crois qu’en ce que je vois et ce que je peux toucher. Mais si sa démarche était si mauvaise, comment pouvait-il être exhaussé par Jésus ? Finalement, en regardant de près, on constate que sa demande n’était pas si absurde ! Pour rétablir Thomas dans sa démarche, on peut dire au moins deux choses : D’une part, Thomas a su insister. Il ne voulait pas être un apôtre de seconde zone. Il voulait faire lui-même l’expérience de Jésus ressuscité, tout comme les autres apôtres ; avoir de quoi témoigner de la réalité de la résurrection. C’est pourquoi il a provoqué Jésus pour avoir une expérience directe avec son corps glorieux. D’autre part, Thomas a donné à Jésus le titre le plus beau, le plus noble de tout l’Evangile en disant : Mon Seigneur et mon Dieu ! Par cette affirmation, il est devenu aussi le premier des disciples à faire la confession de la divinité du Christ, après la résurrection. Et il s’est prosterné devant Lui !    

P. Ovidiu ROBU 

Ton amour Seigneur sans fin je le chante

Oui, « Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ». Elle le chante, ton Église qui est ici à Paris. Elle a traversé des épreuves, ces derniers temps. Elle met son espérance en toi. Elle reçoit ton réconfort en se nourrissant de ta Parole, en vivant dans l’amour, dans le service des plus pauvres et des hommes de ce temps, en se rassemblant pour prier, en célébrant ta présence dans tes sacrements, en accueillant ton pardon, en se réjouissant de voir que tu la relèves sans cesse, en se nourrissant de ton eucharistie et en t’entendant lui dire que tu l’envoies en mission. Elle attend avec confiance l’évêque que l’Église va lui donner en ton nom. Elle se tient debout, humble, confiante, fraternelle et désireuse d’accueillir ce que tu lui donnes par toute la richesse de vie de chacun de ses membres.

Église qui est à Paris, chante ton Seigneur, écoute-le, témoigne de son amour infini en aimant toi-même ceux et celles au milieu desquels tu vis. Fais-toi proche. Dieu t’envoie comme signe de son amour pour les hommes qu’il sauve. Regarde Marie, regarde la vivre ce qu’elle a dit : « Je suis la servante du Seigneur, Qu’il me soit fait selon ta parole. » Comme elle, porte l’espérance des hommes partout et surtout au pied des croix où souffrent des hommes, tes frères. Amen.

Monseigneur Georges Pontier, administrateur apostolique de Paris

« Parce que le Seigneur en a besoin »

Qui sont-ils ces curieux qui ce dimanche remontent la rue Saint-Louis-en-l’île, rameaux et palmes à la main, suivant un petit âne, aux sons de la trompette et des chants de joie : « Hosanna, hosanna » ? Qui sont-ils ces curieux qui entrent dans l’église pour écouter le récit de la Passion du Christ, abaissé jusqu’à la mort, élevé dans la gloire du ciel et qui communique à tout homme sa vie divine, la vie véritable, la vie en abondance ? Nous sommes tous une curiosité pour d’autres… Nous sommes tous des curieux invités au festin des noces de l’Agneau, des assoiffés et affamés de justice et de paix, d’amour et de vérité. Nous avons besoin d’être sauvés, c’est pourquoi nous crions dans l’allégresse et la confiance : « Hosanna » (c’est-à-dire : « Sauve-nous Seigneur », « Dieu sauve »), c’est pourquoi nous nous mettons à genoux à l’évocation de la mort de Jésus, nous frappant la poitrine, pleurant nos péchés, afin d’accueillir son pardon. Le contraste entre la joie des Rameaux et les larmes de la Passion n’est qu’apparent. Notre péché et son pardon nous sont révélés et communiqués en même temps. « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Nous avons tous besoin d’être sauvés. Mais une autre question surgit peut-être : pourquoi lui, Jésus, a-t-il voulu mourir sur la croix ? Avait-il besoin de nous sauver de cette manière-là ? Question lancinante… « Dieu qui nous a créés sans nous ne voulait pas nous sauver sans nous » aimaient à rappeler les premiers chrétiens.

Tout ce que vit Jésus, de sa naissance à Bethléem, jusqu’à sa mort et sa résurrection, il le vit pour nous. « Pour nous les hommes et pour notre salut » : ainsi se trouve condensée toute la foi chrétienne qui reconnaît l’amour inépuisable de Dieu pour nous en Jésus. Tout ce que vit Jésus sur terre comme au ciel il le vit avec nous. Il nous associe au salut, il sollicite notre désir, notre coopération, notre réponse. Ne serait-ce qu’en obéissant humblement à sa demande de détacher un petit âne : « parce que le Seigneur en a besoin », jusqu’à recevoir cette promesse : « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Nous qui sommes pourtant si fragiles, prompts à nous endormir ou à le renier…

Par lui, avec lui et en lui ; pour nous, avec nous et par nous : Dieu qui n’a pas besoin de nous, a voulu passer par nous, par l’humble condition humaine marquée par la mort et le péché, pour se faire connaître et aimer. La semaine qui s’achève nous l’a rappelé à travers tant de belles rencontres. « Si eux se taisent, les pierres crieront », « Toute langue proclame : Jésus Christ est Seigneur ». La Parole de Dieu passe par des lèvres humaines, un langage et des mots humains, afin de « soutenir celui qui est épuisé ». Par le baptême nous devenons une parole vivante, parole de serviteurs, de pécheurs pardonnés qui reçoivent cette mission avec saint Pierre : « quand tu seras revenu, affermis tes frères ».

Soyez tous les bienvenus à Saint-Louis en l’ile ! Que Dieu vous bénisse ! Belle et lumineuse semaine sainte !

Père Jean-Baptiste Arnaud, curé

« Oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant … » (St Paul aux Philippiens 3, 13)

Ce n’est pas tellement que Saint Paul nous demande d’oublier le passé car ce que nous sommes aujourd’hui est l’œuvre de notre chemin de vie. Il suggère que nous regardions en arrière pour détecter ce qui nous empêche de suivre le Christ maintenant. Par exemple : Quelles paroles blessantes ruminons-nous sans cesse ? Quelles habitudes avons-nous prises qui nous empêchent d’être présents à l’autre ? Quels divertissements nous emprisonnent en nous-mêmes, par exemple la télé ou le portable? 

Une lecture du passé aide à mieux repérer les insuffisances, les liens destructeurs qui nous empêchent de nous tourner vers le Christ. Alors pendant les dernières semaines de Carême, posons-nous la question: de quoi faut-il que nous débarrassions?

Également n’oublions pas nos qualités qui peuvent nous servir de tremplins pour tendre en avant vers le Christ, pour s’approcher de lui. Un esprit de dévouement susciterait un élan de charité, notre curiosité réveillerait le désir de mieux connaître le Christ ?

Il y a encore des efforts à faire.

Robert Mc Keon, diacre

Réjouis-toi Jérusalem

En ce dimanche de Laetare le violet se teinte de lumière pour devenir rose et nous sommes relancés dans notre marche à mi-parcours du carême. Certains diront qu’il n’a pas commencé… Il n’est jamais trop tard ! Souvenons-nous de la parabole du figuier dimanche dernier. La charité nous presse, l’amour prend patience. D’autres se demandent où nous conduit ce chemin de carême ? Souvenons-nous de la Transfiguration il y a deux semaines : avec les apôtres nous contemplons la gloire de Dieu, la lumière du Christ ressuscité brillant dans l’obscurité des jours, dans l’humilité de la chair. Rappelons-nous le premier dimanche de carême : la tentation porte toujours sur le don de Dieu, que nous risquons d’oublier. L’aumône, la prière et le jeûne, commandés par l’Evangile du jour des cendres, nous sont donnés pour vaincre cette tentation d’amnésie et ressusciter notre mémoire.

« Si je t’oublie Jérusalem… si je n’élève Jérusalem au sommet de ma joie ». N’oublions pas la joie de Jérusalem, la joie de l’Eglise, jusque dans ses pauvretés et les péchés de ses membres, la joie d’accompagner les catéchumènes et de replonger avec eux dans la grâce et la mission de notre baptême. Nous ne pouvons pas oublier la joie de pouvoir célébrer bientôt la semaine sainte et déjà chaque dimanche et chaque jour la résurrection comme à l’époque de Josué après l’exode, ou d’Esdras après l’Exil. Si nous jeûnons c’est pout ne pas oublier la joie de recevoir l’Eucharistie, le pain de la vie, et tous les biens de la création, signes de la générosité de Dieu que nous désirons partager avec d’autres. « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ». Qui allons-nous inviter à goûter cette bonté de Dieu lors du dimanche des curieux dans deux semaines ?

Ne nous privons pas de la joie du pardon, reçu et transmis, laissons à Dieu la joie de nous pardonner. Le jeûne libère de l’espace en nous pour que la parole de réconciliation déposée en nous puisse porter tout son fruit. Nous ne pouvons oublier la paternité de Dieu. « Un homme avait deux fils… » : nous sommes l’un et l’autre, publicains et pharisiens, capables de désordre et de révolte, capables de jalousie et de récriminations. Fils prodigue et fils aîné, le Père sort à notre rencontre, il nous apprend le sens du jeûne afin de guérir en nous l’image de Dieu parfois abîmé, oubliée. Nous ne jeûnons pas pour obtenir quelque faveur de Dieu, mais pour retrouver la source de la vie, ce lieu secret où le Père ne cesse de nous enfanter.

Père Jean-Baptiste Arnaud

Espérer dans la souffrance

L’Évangile de ce dimanche nous confronte brutalement à la question du mal. S’appuyant sur deux événements historiques de l’époque, un massacre de galiléens par Pilate et l’accident de la tour de Siloé, Jésus nous l’affirme avec force : le malheur qui nous arrive n’est pas une punition divine. Ces victimes n’étaient pas plus pécheresses que les autres. Notre Dieu n’est pas un Dieu de vengeance qui nous inflige la souffrance à cause de nos erreurs. 

Mais alors, d’où vient la souffrance ? La souffrance est et restera toujours un scandale. Elle est l’œuvre du démon qui cherche à nous stopper dans notre course vers le Ciel. Mais la puissance divine réside en ce que Dieu seul est capable d’en tirer du bien. Tel le vigneron de l’Évangile qui, au-delà de sa vigne, s’inquiète pour un figuier fatigué, le Seigneur vient bêcher et soigner nos cœurs souffrants, même les plus étrangers à son Royaume, toujours empli d’espérance qu’ils portent à nouveau de bons fruits. Oui, face à la question du mal, Dieu nous invite à passer du “pourquoi ?” au “pour quoi ?”, c’est-à-dire d’en chercher un sens, plutôt qu’une cause. 

Dans quelques semaines le Christ nous le montrera, lui qui n’est pas venu pour justifier la souffrance mais qui la subira, lui qui n’est pas venu expliquer la croix, mais qui s’y étendra. Ainsi nous comprenons que lorsque nous souffrons, Dieu n’y est pour rien, mais bien plutôt qu’en la Personne de Jésus, Il souffre avec et pour nous. Là est notre force !

Père François Bouchard

Le synode à Saint-Louis en l’Ile

Pourquoi un synode ?

Notre pape François se préoccupe que l’Église encourage et soigne sa mission de faire briller la lumière du Christ et qu’elle soit purifiée de ce qui pourrait la freiner et l’empêcher de parler à tous les hommes et à toutes les femmes. C’est dans cette optique là que le Pape François nous demande de participer à ce qu’il appelle un synode universel, c’est à dire à une assemblée de tous les membres de l’Église pour que la voix du Saint Esprit qui souffle dans les cœurs des fidèles soit bien entendue par notre Pape et nos évêques. Avec tout le peuple de Dieu nous sommes invités à une démarche synodale. Le terme synode signifie littéralement à « un chemin commun » pour réfléchir et intensifier la manière dont nous vivons notre baptême.

Trois mots-clés nous sont donnés par le saint Père : participation, communion, mission. Interrogeons-nous sur chacun d’eux, pour discerner à quoi nous sommes appelés et où nous en sommes, dans la participation à la vie de trinitaire comme au quotidien de notre paroisse, dans la communion fraternelle concrète et accueillante ainsi que dans la prière et l’amitié avec le Seigneur, dans la mission de témoigner de la joie de l’Evangile auprès de tous et spécialement de ceux qui ne connaissent pas le Christ.

Pour faire synode nous vous proposons de nous réunir par petits groupes au sein de nos paroisses pour « se parler, s’écouter, discerner et proposer.» Les comptes rendus des synodes paroissiaux seront portés aux évêques et finalement au Pape.

Les questions principales à aborder pendant la consultation 

Ce Synode pose la question fondamentale suivante : Une Église synodale, en annonçant l’Évangile, “fait route ensemble”. Comment ce “cheminement ensemble” se passe-t-il aujourd’hui dans notre paroisse ? Quelles étapes l’Esprit nous invite-t-il à prendre pour grandir dans notre “cheminement commun” ? En répondant à cette question, nous sommes invités à nous souvenir de nos expériences : Quelles expériences de notre paroisse cette question nous rappelle-t-elle ? Relire ces expériences de manière plus approfondie : Quelles joies ont-elles procurées ? Quelles difficultés et quels obstacles ont-ils rencontrés ? Quelles intuitions ont-elles suscitées ? En quoi votre désir de participation à la vie de l’Eglise est-il déçu ? Par exemple : Ce qu’il me manque, c’est… Là où mes attentes sont déçues… Là où je suis blessé… 

Cueillez les fruits pour les partager  

Où, la voix du Saint-Esprit résonne-t-elle dans ces expériences ? Qu’est-ce que l’Esprit nous demande ? Quels sont les points à confirmer, les perspectives de changement, les étapes à franchir ? Où enregistrons-nous un consensus ? Quels sont les chemins qui s’ouvrent pour notre paroisse ? 

À la suite de nos échanges, identifiez au moins 3 à 4 propositions pour la vie de l’Eglise et au sein de notre paroisse,. Pour cela, choisissez : des petits pas, des idées, des pistes et des actions précises et concrètes. 

Robert Mc Keon, diacre

Le Carême

Quarante jours pour préparer Pâques ! … Nous disons bien “Pâques avec le Carême” c’est à dire plus de bonbons, plus de vin, plus de confiture … ! 

Avant de décider, écoutons le Christ : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Apoc 3, 20) Il s’agit bien d’ouvrir nos cœurs, de sortir du “tout bien,” du “tout fait”. Nos efforts resteront-ils des formalités sans grande valeur … ?

Faisons travailler le Saint Esprit en lui demandant ce qu’il faut faire : quel divertissement allons-nous supprimer pour avoir le temps de lire les évangiles, de visiter le vieil oncle, de jouer avec le petit fils, de partager les soucis de l’autre …

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.» (Mt 6,6) 

Pour être avec le Seigneur, avons-nous la volonté et l’amour d’entrer dans nos cœurs tous les jours pour une dizaine de minutes ? Ces petites minutes passées avec Jésus ne sont pas inutiles, comme une fleur, comme une plante qui s’ouvre peu à peu, nous nous enracinerons en lui et notre Carême prendra de la substance. 

Nous pourrions par la suite demander au Christ s’il veut que nous fassions plus. Attention, ne soyons pas trop ambitieux, vouloir trop faire peut conduire à l’échec ! 

Restons petits et humbles. Accueillons et goûtons le Seigneur. Voilà un Carême en or.

Robert Mc Keon, diacre

C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Ep 2, 14-16

Ce matin, jeudi 24 février 2022, nous nous réveillons avec deux peuples chrétiens européens qui se font la guerre. Les fantômes d’un passé que nous aurions aimé oublier réapparaissent, comme déjà il y a 30 ans dans les Balkans. Trente ans après la chute du mur de Berlin un nouveau mur de la haine déchire notre continent bien aimé. 

Le mur de la haine n’aurait-il pas été détruit par le Christ Jésus ? Saint Paul se serait-il trompé ? Non, nous le savons, la victoire sur la haine, la violence et la mort a été remportée une fois pour toutes par le Christ sur la Croix. Mais cette victoire nous devons l’accueillir, la faire nôtre, la laisser détruire tous les germes de violence et de mort dont nous ne savons que trop qu’ils habitent notre cœur d’hommes et de femmes. Le pape François nous appelle en ce début de Carême à une journée de jeûne et de prière pour la paix. Ces armes, celles du jeûne et de la prière, peuvent sembler bien dérisoires quand les missiles hypersophistiqués s’abattent sur le berceau du poumon oriental du christianisme européen. Mais nous savons que c’est à ce niveau, celui du cœur, que se trouve la racine des haines et des guerres et que c’est à ce niveau que la puissance de vie et de paix jaillit du côté transpercé du Christ agit, et agit avec puissance. Mais son action n’est efficace que si nous lui ouvrons vraiment la porte de notre cœur, que si nous la laissons se déployer au plus profond de notre cœur d’homme et de femme. 

Il y a trente ans, un homme en blanc, par la seule force de la foi et de la vérité a contribué plus que tout autre à abattre un système mensonger et mortifère qui asphyxiait déjà une moitié de notre continent bien aimé. L’actualité, tragique, montre que ce combat n’est jamais terminé. Nous pouvons, nous devons là où nous sommes, durant ce Carême prendre les armes de la prière et de la conversion. Si notre foi est fragile, l’histoire est là pour nous montrer que ces armes sont redoutablement efficaces, et qu’elles n’entrainent aucun de ces « dégâts collatéraux » qui vont s’afficher une fois encore de manière sinistre sur nos écrans.

Prions chers amis pour les peuples slaves, ce sont des frères et sœurs chrétiens, filles et fils d’une chrétienté magnifique, arrosée du sang d’innombrables martyrs, ils méritent mieux, beaucoup mieux que les dirigeants qui, depuis si longtemps les manipulent et les asservissent.  

Père Gilles DROUIN