POURQUOI ALLONS-NOUS À LA MESSE ?

Le dimanche des curieux représente un vrai défi. Nous allons inviter des gens à une activité qui, pour beaucoup, a l’image d’une corvée, d’un moment inutile, sinon assommant et ennuyeux. Certains d’entre eux trouvent les rites abscons et vides de sens. Si pendant des années, la peur, le conformisme social, le sens du devoir offraient des raisons de substitutions lorsque la ferveur était défaillante, aujourd’hui ces leviers sont souvent inopérants. Face à une société du divertissement, la messe fait pâle figure… Lors d’une confirmation, un enfant auquel l’évêque demandait s’il était prêt à aller à la messe tous les dimanches, lui répondit : « Est-ce que vous iriez voir le même film toutes les semaines ? » Pour quelqu’un qui regarderait l’extérieur lors de la messe, il n’y a pas l’air de se passer grand-chose… Le défi s’apparente à une mission impossible, au combat de David contre Goliath.

Inviter quelqu’un à venir à la messe implique de se confronter à une question très personnelle. Pourquoi vais-je à la messe ? Qu’est-ce que cela m’apporte ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que j’attends ? Qu’est-ce que j’y trouve ou n’y trouve pas ? Les réponses peuvent être diverses : un moment de paix, la beauté des chants, la présence eucharistique, la ferveur de la prière, la présence des autres, l’homélie, la musique, l’écoute de la Parole de Dieu… Il est bon de reconnaître ce qui me fait du bien spirituellement, ce qui ressource, ce qui nourrit. Je quitte alors le registre du devoir pour celui du goût. Le dimanche des curieux devient une invitation à partager un moment de qualité avec quelqu’un que j’apprécie.

Cette expérience de la messe, nous voulons la rendre plus accessible, parce qu’il peut être intimidant de se retrouver à une célébration quand nous ne connaissons pas les codes, les rituels, les réponses, les gestes. Accompagner quelqu’un à la messe, c’est faciliter une rencontre. Votre rôle est indispensable, il permettra peut-être à quelqu’un de franchir un cap qu’il n’aurait jamais franchi tout seul. Le Seigneur ne nous demande pas de convertir, ni de convaincre, seulement d’inviter et de conduire. Le reste ne nous appartient pas. Il n’y a rien de plus beau que le témoignage d’une communauté qui prie et qui accueille. Parfois l’habitude nous fait oublier combien une célébration recueillie est un témoignage qui se passe de mots. Inviter quelqu’un à participer à la messe avec moi c’est avoir l’occasion de redécouvrir cette célébration avec un regard neuf, débarrassé de la lassitude.

Comme curé, je suis porté par votre ferveur lors de la messe dominicale. J’aime le moment juste après la communion, lorsque le chant s’achève et qu’un silence habité s’installe. C’est un moment suspendu et divin. Offrons à d’autres la possibilité d’entrevoir le bien que procure à l’âme ces moments d’intériorité et de prière où Dieu vient nous visiter.

                                                                       Père Jean-Baptiste Arnaud

« VOICI QUE NOUS MONTONS A JERUSALEM… » (Mt 20, 18)

Le CARÊME un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité

Dans ce temps de conversion, nous renouvelons notre foi, nous puisons « l’eau vive » de l’espérance et nous recevons le cœur ouvert l’amour de Dieu qui fait de nous des frères et des sœurs dans le Christ. Dans la Nuit de Pâques, nous renouvellerons les promesses de notre baptême pour renaître en hommes et femmes nouveaux par l’intervention du Saint Esprit. L’itinéraire du Carême, comme l’itinéraire chrétien, est déjà entièrement placé sous la lumière de la résurrection, qui inspire les sentiments, les attitudes ainsi que les choix de ceux qui veulent suivre le Christ.

Le jeûne, la prière et l’aumône, tels que Jésus les présente dans sa prédication (cf. Mt 6, 1-18) sont les conditions et les expressions de notre conversion. Le chemin de la pauvreté et du manque (le jeûne), le regard et les gestes d’amour vers l’homme blessé (l’aumône), et le dialogue filial avec le Père (la prière), nous permettent d’incarner une foi sincère, une vivante espérance et une charité active.

1. La foi nous appelle à accueillir la Vérité et à en devenir des témoins, devant Dieu et devant tous nos frères et sœurs. (…) Le jeûne, vécu comme expérience du manque, conduit ceux et celles qui le vivent dans la simplicité du cœur à redécouvrir le don de Dieu et à comprendre notre réalité de créatures à son image et ressemblance qui trouvent en lui leur accomplissement. En faisant l’expérience d’une pauvreté consentie, ceux qui jeûnent deviennent pauvres avec les pauvres et ils « amassent » la richesse de l’amour reçu et partagé (…)

2. L’espérance, comme “eau vive” qui nous permet de continuer notre chemin (…) En recevant le pardon, dans le sacrement qui est au cœur de notre démarche de conversion, nous devenons, à notre tour, des acteurs du pardon. Nous pouvons offrir le pardon que nous avons-nous-mêmes reçu, en vivant un dialogue bienveillant et en adoptant un comportement qui réconforte ceux qui sont blessés. Le pardon de Dieu permet de vivre une Pâque de fraternité aussi à travers nos paroles et nos gestes. (…) Vivre un Carême d’espérance, c’est percevoir que nous sommes, en Jésus-Christ, les témoins d’un temps nouveau, dans lequel Dieu veut « faire toutes choses nouvelles » (cf. Ap 21, 1-6) (…)

3. La charité, quand nous la vivons à la manière du Christ, dans l’attention et la compassion à l’égard de chacun, est la plus haute expression de notre foi et de notre espérance (…) La charité se réjouit de voir grandir l’autre. C’est la raison pour laquelle elle souffre quand l’autre est en souffrance : seul, malade, sans abri, méprisé, dans le besoin… La charité est l’élan du cœur qui nous fait sortir de nous-mêmes et qui crée le lien du partage et de la communion. (…) La charité est don. Elle donne sens à notre vie. Grâce à elle, nous considérons celui qui est dans le manque comme un membre de notre propre famille, comme un ami, comme un frère. Le peu, quand il est partagé avec amour, ne s’épuise jamais mais devient une réserve de vie et de bonheur (…) Ainsi en est-il de notre aumône, modeste ou grande, que nous offrons dans la joie et dans la simplicité.

Message du pape François pour le Carême 2021

EVANGÉLISER PAR LA PRIÈRE – DIMANCHE DES CURIEUX 21 MARS

Il n’est possible d’évangéliser que si notre relation à Dieu est vive et intense. Dans l’évangile de ce dimanche, le lépreux accourt vers Jésus il lui dit toute sa confiance : « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Une fois guéri, il ne peut retenir sa joie débordante : « Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle ». Quand la Samaritaine s’est rendue au village voisin pour inviter les habitants à venir voir qui est Jésus, c’est parce qu’il s’est passé quelque chose au cours de cette rencontre. Elle a découvert un homme qui lui a dit tout ce qu’elle avait fait, qui la connaissait, qui a éveillé en elle une soif, un désir qu’elle n’avait pas su assouvir jusque-là. Elle s’est sentie reconnue sans être jugée par quelqu’un qui pourtant connaissait les vicissitudes de sa vie. Cette femme n’est pas hésitante. Immédiatement elle pose sa cruche et court au village.

Si nous venons à la messe le dimanche c’est parce que le Christ a déjà une place dans notre vie, qu’il compte au point que nous voulions lui offrir du temps dans nos semaines déjà bien prises. Le Seigneur connaît le prix de l’offrande de notre temps. Mais tout comme les relations amicales ou amoureuses, notre relation à Jésus peut connaître des saisons, des automnes, des hivers et aussi des renaissances. Si nous traversons un désert, nous pouvons demander la grâce d’une âme plus fervente, d’un amour de Dieu plus vivant et conscient.

J’aimerais que nous puissions redécouvrir cette semaine l’importance du silence. Si la foi consiste à entendre Dieu nous parler, il faut commencer par apprendre à nous taire.  Quand nous aimons quelqu’un, le silence partagé est le signe d’une intimité profonde.
Pour que le silence apparaisse il est bon de calmer notre esprit, en commençant par habiter notre cœur, couper avec ce qui nous retient au passé ou nous préoccupe. Le silence crée en nous un espace qui nous apaise, nous aide à prendre une juste distance aux événements, nous offre un authentique repos. Au cœur de cet espace, Dieu peut agir. La transformation sous l’action de la grâce est très lente. Notre génération habituée à l’immédiateté a bien du mal à s’y retrouver.

Durant ces temps de prière silencieuse, je demande au Seigneur de m’aider à discerner 3 personnes que je connais par mon travail, dans ma famille, mes amis, l’école, les loisirs et qui ne connaissent pas Jésus ou n’ont pas ou plus de lien avec Lui. Les « curieux »  ne sont pas des inconnus : ce sont des personnes de mon entourage avec qui j’ai une relation de confiance.

Les prêtres, diacre, séminaristes et le conseil pastoral de Saint-Louis en l’Ile

« Tout le monde te cherche »

Quelle joie d’accueillir le Forum Wahou dans notre église ! Ce cri de Pierre et des disciples dans l’évangile de ce dimanche résonne en nos cœurs. « Tout le monde te cherche Seigneur ! », « Heureux les affamés et assoiffés de la justice ». Nos contemporains sont habités par ce désir profond de la vie véritable. Qu’avons-nous à leur proposer ? La beauté et la fragilité de l’amour humain porté, imprégné et guéri par l’amour de Dieu. La joie de vivre l’Evangile, de partager la foi, de témoigner de l’espérance, de prendre soin les uns des autres, de veiller sur les plus vulnérables. Suivons Jésus qui nous entraîne : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Evangile ; car c’est pour cela que je suis sorti ».

Ecoutons le pape François : « Un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas chrétien. Dans l’Évangile, il est beau le passage qui nous raconte que le berger revient et s’aperçoit qu’il lui manque une de ses 99 brebis et part la chercher… Frères et sœurs, mais nous en avons une seule, il nous en manque 99 ! Nous devons demander au Seigneur la générosité, le courage et la patience pour sortir et annoncer l’Évangile. Il est plus facile de rester à la maison avec notre unique brebis, pour la brosser et la caresser, mais nous les prêtres et tous les chrétiens, le Seigneur veut que nous soyons des pasteurs, pas des brosseurs de brebis. Il y a eu beaucoup de révolutionnaires dans l’histoire, mais aucun n’a eu la force de la révolution apportée par Jésus, une révolution qui change en profondeur le cœur de l’homme ».

La foi chrétienne a déjà initié une authentique révolution. Paul proclame que tous, esclaves, homme libres, hommes ou femmes participent à la même dignité de fils de Dieu. A ceux qui pensent que les dieux sont objets de crainte et de soumission, il annonce un Dieu aimant et miséricordieux. Personne n’a jamais parlé de la sorte… C’est parce que le discours des apôtres était révolutionnaire qu’il s’est répandu comme une traînée de poudre. Et c’est parce que le message de l’Eglise n’est plus perçu comme révolutionnaire mais plutôt rétrograde, c’est parce que pour beaucoup il a des airs de déjà vu, voire se résume à un contenu simpliste, ou moralisant, qu’il est devenu inaudible.

L’Évangile nous pousse-t-il à être révolutionnaire ? A sortir de notre zone de confort ? Nous bouscule-t-il ? Ne risquons-nous pas de réduire l’Eglise à un petit cocon où il est bon de se retrouver « entre soi » et l’Évangile à un code de bonne conduite ? Saint Paul nous dit dans la 2ème lecture : « Annoncer l’Evangile ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile !».

Père Jean-Baptiste ARNAUD, curé

Découvrir le vrai visage du Christ

Dans l’Évangile de ce quatrième dimanche du temps ordinaire, saint Marc nous présente Jésus en train d’enseigner dans la synagogue de Capharnaüm. Tout le monde « était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité ». En effet, la raison de l’admiration des auditeurs, n’est pas la doctrine mais le maître, non ce qu’on enseigne mais celui qui l’enseigne avec autorité, c’est-à-dire avec un pouvoir légitime et incontestable. Cette autorité vient aussi du fait que Jésus « commande même aux esprits mauvais et qu’ils lui obéissent ». Ici, Jésus communique quelque chose d’inouï. Un enseignement nouveau. Il s’agit de la présence du royaume de Dieu et de sa présence inauguré dans le mystère même du Christ. Il guérit les malades, il commande aux esprits mauvais. 

Jésus est un homme comme nous. Il a connu la fatigue, la faim et la soif. Mais comment un homme peut-il dire au paralytique « mon enfant tes péchés sont remis » (Mc 2,5). Et le scandale va arriver de la parenté de Jésus et des foules. Nous devons découvrir le visage de Jésus qui renvoie à lui-même : « Je suis le chemin, la vie et la vérité » (Jn 14,6). Aujourd’hui, nous sommes invités à lire l’Évangile dans son entier, à nous imprégner de l’Évangile pour découvrir non seulement le mystère de Dieu mais aussi le vrai visage du Christ. Le contempler, le regarder, nous laisser former et guérir par lui. Oui, le Christ provoque beaucoup d’étonnement : il guérit la paralytique, il guérit l’homme à la main desséchée. Le Christ provoque pour que nous pénétrions dans l’amour de Dieu et l’amour du prochain. 

L’attitude du Christ à l’égard des malades est pour nous un appel à apporter aujourd’hui un soulagement physique et un réconfort spirituel à nos frères et sœurs qui souffrent. Aussi, tous les chrétiens ont à cœur de participer à ce service de charité mutuelle, à travers de diverses formes : prière de la foi et de l’espérance, présence fraternelle et affection portée aux malades. Ainsi, nous pouvons reconnaître le vrai visage de Dieu qui s’est révélé à l’homme en devenant solidaire de lui jusque dans la souffrance. 

P. Joseph Van Nam NGUYEN 

Recevoir la Parole de Dieu dans son cœur

Dieu appelle Adam en lui disant « où es-tu ? » (Genèse 3,9), Il le cherche et veut dialoguer avec lui. Toute la Bible depuis le commencement de la Genèse raconte la recherche de l’homme par Dieu. C’est ce que le rabbin Abraham Joshua Heschel enseigne dans son beau livre Dieu à la recherche de l’homme. Par notre foi chrétienne nous savons que Jésus est « l’image du Dieu invisible » (Col 1, 15) et que quand Jésus appelle c’est Dieu qui appelle.

Si nous lisons les évangiles comme on lit une lettre d’un de nos ancêtres, une lettre qui parle de sa vie, de ses préoccupations, de ses valeurs, nous constatons que peu à peu nous commençons à mieux le connaître et nous entrons dans son monde. C’est un peu comme si il nous parlait personnellement. 

Alors pourquoi ne pas faire la même chose avec la lecture des évangiles. Goûtons comment Jésus agit devant ses contemporains, sa compassion pour ceux qui souffrent, son souci pour les petits du monde, sa capacité de voir l’essentiel, sa fidélité à son Père Céleste, sa prière, son courage, … Laissons-le nous saisir. « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)

Ce travail d’ouverture de nos cœurs, n’est pas un travail scolaire, ni intellectuel, ni un travail d’érudition mais un accueil, une ouverture intime à la vie de Jésus. Ouvrons la porte de nos cœurs, soyons présents au rendez-vous, essayons de le connaître par notre propre expérience, construisons avec lui un rapport d‘amitié, apprenons à l’aimer.

Robert Mc Keon, diacre

« Jésus posa son regard sur lui »

« Jésus posa son regard sur lui ». Comme Pierre au bord du Jourdain, à la dixième heure, les séminaristes et les prêtres de Saint-Louis en l’Ile peuvent sans doute dire le jour et le lieu où le Seigneur a posé son regard sur eux, l’heure précise où ils ont entendu que le Seigneur les appelait à tout quitter pour le suivre. A tous les baptisés il est donné de reconnaître ce regard d’amour posé sur eux par le Christ, cet appel adressé par Dieu. Certains se disent peut-être que personne ne les appelés… Chaque matin lorsque nous nous levons, chaque dimanche lorsque nous venons à la messe (ou plus souvent !), chaque fois que nous traçons sur nous le signe de la croix et que nous essayons de prier, dans chaque rencontre vraie et en particulier avec les plus petits et les plus pauvres, nous accueillons cet appel de Dieu et nous y répondons. Vivre est un appel dès le sein de notre mère, le baptême est un appel universel à la sainteté, notre vocation personnelle est un appel singulier, unique.

« Jean le Baptiste (…) posa son regard sur Jésus ». Si nous pouvons entendre cet appel de Dieu et nous laisser toucher par son regard c’est parce que d’autres ont regardé vers Jésus et nous l’ont désigné : « Voici l’Agneau de Dieu ». C’est lui, il donne sa vie pour que vous donniez la vie ! De Jean-Baptiste à Jésus et de Jésus aux Apôtres, l’appel se transmet, le regard s’élargit. Cette chaîne de témoins se poursuit, André appelle son frère Pierre et le conduit à Jésus. Dans nos activités paroissiales, comme dans notre vie professionnelle, amicale, familiale, sociale nous vivons cette « culture de l’appel » : « Venez et vous verrez ». Avec audace et délicatesse nous sommes appelés pour appeler et être appelant ! Pour cela nous nous aidons à déchiffrer la Parole de Dieu et à discerner sa volonté, comme Samuel éclairé par Eli dans le Temple : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ». Nous disons à Dieu notre disponibilité, l’engagement de tout notre être, corps, cœur, esprit, pour être uni à lui. Nous rendons grâce pour la vie, le dynamisme et l’énergie que Dieu insuffle en nos corps, « membres du Christ », « sanctuaire(s) de l’Esprit-Saint », et pour les liens fraternels qui grandissent entre nous. Nos cœurs ne sont pas confinés, notre foi, notre espérance et notre charité ne sont pas sous couvre-feu.                                 

Père Jean-Baptiste ARNAUD, curé

“La mer voit et s’enfuit, le Jourdain retourne en arrière… » (Ps 113, 3)

  Ne croyons pas qu’en quelques jours près de 30 ans ont passé ! Le baptême du Seigneur que nous célébrons aujourd’hui relève tout autant de la joie de Noël en ce qu’il est, lui aussi, une épiphanie, c’est-à-dire une manifestation aux yeux du monde, de l’identité profonde de l’Enfant de la crèche. 

  En ce jour dans le Jourdain resplendit ce qui semblait voilé dans la mangeoire de la crèche : Jésus est envoyé par Dieu, Il est son Fils bien-aimé en qui le Père trouve sa joie. Et le psaume 113 le prophétisait si bien : oui, aujourd’hui, le Jourdain accueillant son Créateur, “retourne en arrière”, il remonte son cours parce qu’une nouvelle source lui est offerte, à qui il laisse toute la place. C’est la source du Salut qui vient du Ciel, l’Esprit Saint, qui descend sous la forme d’une colombe venant inonder le cours de notre existence. 

  Par ce baptême, la mission de Jean s’arrête et le baptême dans l’Esprit, qu’il proclamait plein d’espérance, est annoncé comme imminent par Jésus Lui-même ! Alors profitons de ce jour béni pour commémorer notre propre baptême, ou réfléchir à notre futur baptême si nous sommes en chemin. C’est aussi pour nous, lors du baptême, que Dieu prononce ces mots : « tu es mon fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Qu’il est beau pour des chrétiens d’en connaitre la date. C’est donc le jour où jamais d’enquêter ! 

                                                                                      Père François BOUCHARD

Sainte Geneviève – patronne de Paris

Le diocèse de Paris continue aussi cette année 2021 de célébrer le 1600e anniversaire de la naissance de Geneviève ! En effet, en raison de la crise sanitaire il y a la prolongation de l’Année sainte Geneviève jusqu’au jour du 9 octobre 2021.

Dans l’histoire de France, nous découvrons cette femme nommée Geneviève, qui par sa persévérance a évité la destruction de Lutèce. Sa vie reste ancrée dans l’histoire de France et de Paris, malgré les nombreuses légendes qui couvrent sa vie. D’ailleurs sa vie a été écrite moins de vingt ans après sa mort, demeurant une base historique fiable.

Geneviève est née à Nanterre, près de Paris, vers 425. Elle a six ou sept ans lorsque saint Germain, évêque d’Auxerre, lui prédit sa vocation particulière. « Heureux êtes-vous d’avoir donné le jour à cette enfant, dit-il aux parents ; elle sera grande devant le Seigneur qui en fera son instrument pour la conversion et le salut d’un grand nombre ». A quinze ans, Geneviève va se présenter à Felix, l’évêque de Paris, qui lui donne le voile des vierges et reçoit sa profession religieuse. L’adolescente perd ses parents peu de temps après et, recueillie par sa marraine, à Paris, mène la vie non cloîtré des femmes consacrées de ce temps. Toute sa vie Geneviève est favorisée de dons particuliers, comme de lire dans les cœurs, guérir les corps et les esprits… mais elle sait que cela ne constitue pas la vie chrétienne, et elle s’applique à vivre surtout de l’Evangile, de l’amour de Dieu et du prochain. Femme intelligente et efficace, elle est la providence du petit peuple de Paris. Misères privées et malheurs publics la trouvent toujours prête à intervenir. En 451, lorsque les Huns menacent la ville, après avoir anéanti Metz, elle exhorte les Parisiens à ne pas fuir, les persuade même de l’utilité de la prière et du jeûne pour obtenir le secours de Dieu. Le résultat est inespéré : Attila change aussitôt de cap, se rabat sur la Loire et subit une telle défaite aux Champs catalauniques qu’il quitte définitivement la Gaule. Geneviève n’a cessé de protéger les Parisiens. Elle a évité la famine en organisant les secours. Par voie d’eau (la Seine et l’Aube), les routes n’étant pas sûres, elle va chercher des vivres en Champagne à la tête d’une vraie flottille. La mort de Geneviève intervient un 3 janvier, entre 510 et 512. Les Parisiens se sont emparés d’elle comme un modèle héroïque. L’Eglise l’a déclarée Sainte Patronne de la ville de Paris. Du haut des cieux, elle continue toujours à veiller sur la ville de Paris pour la protéger et la sauver de tous les dangers possibles ! Sainte Geneviève – continue de priez pour nous. Amen !    

P. Ovidiu ROBU

Dieu vient rencontrer nos familles

En ce dimanche de fête, il nous est donné de contempler d’abord la Sainte Famille comme beaucoup d’autres familles juives, pieuses et fidèles à pratiquer la Loi divine. Marie et Joseph apparaissent souvent à l’arrière-plan, dans une pénombre remplie de fidélité au Seigneur et de tendresse pour l’Enfant Jésus. Leur présence discrète contribua à la manifestation du Fils de Dieu venu dans la chair: « Notre Dieu est apparu sur la terre ; il a vécu parmi les hommes » (Baruc 3,38). 

La Sainte Famille est aussi présentée comme le modèle de la famille chrétienne. Il y a dans la vie de Joseph et de Marie plusieurs rencontres étonnantes et extraordinaires. Cependant, ils sont restés pauvres et simples, et obéissants à la foi de leur peuple. Oui, c’est dans notre vie de tous les jours que nous pouvons vivre avec profondeur notre foi, et laisser Dieu venir rencontrer nos familles dans le silence et la simplicité. Notre vie ne prend pas son sens dans les choses extraordinaires qui peuvent nous arriver, bien qu’elles puissent nous aider. Mais comme Joseph et Marie regardant l’Enfant Jésus à Nazareth, il est important de voir l’extraordinaire dans l’ordinaire, de rendre, par notre foi et notre amour, les choses ordinaires extraordinaires.

En ce jour de fête, prions la Sainte Famille pour toutes les familles, surtout pour les  familles en difficulté, afin qu’elles soient des lieux d’amour et de communion : 

« Jésus, Marie et Joseph, en vous nous contemplons la splendeur de l’amour véritable, 
à vous, nous nous adressons avec confiance. 

Sainte Famille de Nazareth, fais aussi de nos familles des lieux de communion et des cénacles de prière, des écoles authentiques de l’Évangile et des petites Églises domestiques. 

Sainte Famille de Nazareth, que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience 
de la violence, de la fermeture et de la division : que quiconque a été blessé ou scandalisé, connaisse rapidement consolation et guérison. 

Sainte Famille de Nazareth, (…) puisse réveiller en tous la conscience du caractère sacré et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu. Jésus, Marie et Joseph, écoutez-nous, exaucez notre prière » (La prière du Pape FRANÇOIS en la fête de la Sainte Famille de Nazareth en 2013).

Père Joseph Van Nam NGUYEN